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29/11/2017

Ironman Cozumel, last step before KONA !

posté à 13h25

Une semaine passée au Mexique et me voilà plus enclin à parler anglais que français. Certes la langue du pays est bien l’espagnole mais mes capacités dans cette langue étant à peu près autant élevées que celles d’un enfant de 10 ans, mon anglais m’a bien aidés ces derniers jours pour partager la vie locale des habitants de Cozumel.

Arrivés 5 jours avant la course avec mon père, nous étions logés chez l’habitant dans un petit appartement « tout confort » à la mexicaine. C’est à dire douche à l’eau « tiède » ou froide selon l’heure de la journée. Climatisation glaciale si elle est sur « ON » ou chaleur étouffante si on la met sur « OFF ». Tous ces petits détails qui font que je suis heureux d’adorer la chaleur et ce climat des caraibes.

L’acclimatation durant les jours qui ont précédé l’Ironman s’est très bien passée. Les reconnaissances des parcours vélo et course à pied m’ont permis de reprendre une activité légère après les 2 jours de voyage pour arriver à destination. Les petites tensions d’avant courses étaient bien présentes dans le corps elles aussi dont un léger manque de force dans ma jambe gauche ressenti sur le vélo. Celui-ci étant certainement dû au voyage un peu long pour mes petites fesses qui ne semblent pas aimer rester assises très longtemps !

Ces quelques jours avant l’Ironman m’ont tout de même semblé assez longs. Mais les journées à lézarder après avoir fait un peu de sport dans la matinée très tôt (entre 5h et 9h, décalage horaire oblige) m’ont permis d’arriver bien reposé ce dimanche 26 Novembre sur le ponton du départ natation.

La natation justement, parlons-en ! Quel pied de nager dans une eau transparente, chaude et peuplée de petits poissons en tous genres et de faune sauvage. Un régal pour les yeux dont j’ai pu profiter lors des 2 sessions en mer effectuées avant la course car le jour J, j’ai laissé à qui le voulais bien le loisir de les observer, mon regard et mon attention étaient portés bien ailleurs à viser ces bouées longeant la côté pour atteindre mon but ultime dans cette première discipline : la seule bouée rouge et triangulaire, synonyme de virage à gauche direction la sortie de l’eau. Cette natation m’a semblée passer à une vitesse folle ! Il faut dire que le départ en rolling start (c’est à dire chacun son tour avec un chrono qui se déclenche uniquement lorsque l’on passe la ligne de départ) m’a permis de partir entouré de nageurs d’un niveau équivalent au mien. Cet effet de groupe homogène est très appréciable et j’ai eu l’agréable surprise d’avoir des sensations de natation très bonnes ce qui m’a permis de nager bien relâché en ne faisant quasiment que doubler les triathlètes qui m’entouraient. Autant vous dire que quand on se catalogue comme « nageur moyen » le moral est très bon et vous fait esquisser un grand sourire lorsque vous voyez que votre montre vous indique que vous avez mis environ 49’ à parcourir la distance !

Une fois sorti de l’eau et après une transition éclair, j’attaquais les 180kms avec envie et légèreté d’esprit car outre la qualification, j’avais dans l’idée de descendre sous les 9h pour la seconde fois cette année sur Ironman si tout allait bien. Et pour aller bien, ça allait vraiment bien dans la tête car je ciblais un temps autour d’1h sur la partie natation, j’avais donc un matelas d’avance virtuel de 10’…mais la journée était encore longue.

Après un départ rapide à vélo afin de me défaire du trafic cycliste un peu encombré en ce début de parcours, je me recalais rapidement sur ma puissance cible. Ou plutôt mes jambes me rappelaient à l’ordre en toxinant assez fortement au bout d’une dizaine de kilomètres. On ne s’affole pas, plus que 170 comme ça. A ce moment là, seules des pensées positives très fortes peuvent permettre de tenir. Je me suis alors dis qu’on était enfin dans le vif du sujet après tant d’entrainements ces derniers mois, il était temps de mettre en œuvre ce que je savais faire avec toute la confiance que j’ai dans mes capacités physiques. Je me suis donc mis en tête que mon corps était largement en mesure de tenir, que ma faiblesse du moment était simplement mon cerveau qui ne voulait pas accepter la douleur et donc un seul mot d’ordre à retenir : « Ca passera! ». Et croyez moi ou non, c’est passé…avant de revenir quelques fois durant cette partie vélo ! Mais quelle valeur auraient nos exploits personnels si on les atteignait dans la facilité ?!

Sans réellement craquer mais en voyant quelques triathlètes craquer autour de moi, je m’acheminait donc vers une fin de vélo correcte à presque 40km/h de moyenne. Je fus heureux de voir arriver cette fin de vélo car les jambes voulaient de moins en moins appuyer sur les pédales. Le bilan était tout de même bon avec une dépose du vélo en moins de 5h30 au temps total cumulé natation et vélo. Mon matelas d’avance sur le « Sub9 » prenait encore plus d’importance et l’appétit venant en mangeant, je gommais rapidement cet objectif secondaire pour oublier ces 5 premières heures et demi et partir en pleine forme et motivé sur le marathon qui m’attendait.

Dès la descente du vélo, pied nu sur le tapis de descente du vélo, les jambes rebondissaient bien comme attendu, c’était tout bon ! Et ce malgré une galipette du gentil bénévole qui s’emmêla les pinceaux au moment d’attraper mon vélo pour aller le ranger à son emplacement pendant que je partais chercher mon sac de transition course à pied. La prochaine fois il faudra que je pense à arrêter le moteur du vélo quand même, c’est pas cool pour celui qui le rattrape !!!

A peine sorti de la tente de transition, j’entendis mon père me crier une consigne du coach : « Pas plus de 4’40 au kilomètre ». Je prenais l’information comme une consigne de partir prudemment mais ne regardais pas ma montre et partais donc prudemment mais en rythme. Après quelques minutes je regardais enfin ma montre qui affichait 3’50/km…je pensais alors à Guy-Marie s’arrachant tous les cheveux de la tête s’il voyait ça en direct puis repris ma concentration pour continuer de rester dynamique mais surtout en gestion sans chercher à aller vite, simplement en avançant relâché, en souplesse mais en rythme. Je savais que le plus dur arriverait plus tard et qu’il fallait profiter de ce moment d’aisance à 15km/h avant les moments ou l’allure peut redescendre à 12km/h et être beaucoup plus difficile à tenir que sur ces premières foulées. « Ce qui est pris n’est plus à prendre »

Le dur arriva durant le deuxième semi pour réellement enclencher le mode survie aux alentours du 28ème kilomètre. Ce dernier tour fut ponctué de plusieurs marches rapides aux ravitaillements pour boire, m’arroser et tenter de reprendre de l’énergie qui semblait s’échapper dès que la première foulée se réenclenchait pour repartir ! Mais la tête tenais bon, je sentais la victoire en groupe d’âge au général se rapprocher à chaque pas puis vint ensuite l’horizon qui se dégageait lorsque je sortis de la partie plus isolée du parcours course à pied pour revenir vers le centre de San Miguel de Cozumel. Je voyais alors au loin le site d’arrivée. Plus aucune seconde ne passa sans que je fixe ce point au loin. Le cerveau s’était bloqué sur cette cible alors que les jambes et le corps ne voulaient qu’une chose, tout arrêter. L’augmentation de mon allure sur ces 2 derniers kilomètres était tout simplement une envie folle que tout s’arrête plus vite. Que je puisse prendre ce dernier virage à gauche et savourer cette finish line. Que je puisse entendre le public, mon père, le speaker m’annoncer puis venir me féliciter. Voilà, c’est fait, ce moment est passé bien plus vite qu’on ne peut l’imaginer durant tous ces kilomètres qui conduisent à cet aboutissement. Bien trop vite pour un cerveau plus assez lucide pour analyser autre chose que « courir, s’hydrater, manger, avancer ».

Mon vagabondage commença alors dans cette after finish. Quasiment seul dans cet endroit, entouré de bénévoles qui me regardaient d’un air plutôt compatissant en me voyant marcher…euh non pardon, en me voyant me déplacer à la manière d’un zombie. Aucun moyen de manger, rien ne passait. Un peu d’eau et une envie de dormir profonde prirent le dessus. Je rentrais donc rapidement à mon hébergement situé très près de l’arrivée pour passer sous la douche, m’allonger et dormir. La faim revint ensuite puis après avoir retrouvé un petit peu mes esprits, j’étais enfin en mesure de profiter de l’accomplissement réalisé.

Mon temps final de 8h38 est une performance que je n’imaginais pas atteindre. La victoire en groupe d’âge est plus anecdotique pour moi car l’objectif de qualification pour Hawaii et de faire une belle performance à mon niveau prennent le dessus sur le reste. Tout ça est possible grâce à tous les membres d’EvasionTri226 qui me soutiennent, aux sponsors professionnels qui m’ont donné cette chance dans un premier temps de participer à cet Ironman Cozumel dans de bonnes conditions et maintenant me permettent d’envisager la suite sereinement. Pour tout cela, je me sens chanceux et extrêmement reconnaissant d’avoir cette chance de pratiquer ce sport avec des contraintes parfois allégées. Le plus grand merci revient à ma compagne qui a eu le courage de supporter cette préparation en parallèle de la naissance de notre deuxième enfant, Nathan. Si seulement je pouvais lui faire passer cette finish line à ma place, elle mérite autant que moi les reconnaissances, félicitations et autres messages qui font ressentir de l’épanouissement dans l’accomplissement de tels objectifs.

 

EvasionTri226


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