Actus

11/06/2018

Alpsman, un mythe en devenir !

posté à 06h50

Après Embrun l’année dernière, l’épreuve de montagne que j’avais cochée se trouvait être l’Alpsman. Cette course tombait bien dans le calendrier à plus de 4 mois de Kona et semblait ravir mes partenaires Time et Compressport qui étaient les deux partenaires principaux de l’épreuve ! Tout était donc aligné pour que je nage dans le lac d’Annecy, que je pose mes roues sur les routes montagneuses de Savoie et que je fasse gouter les pentes du Semnoz à mes chaussures de running .

Passons sur la préparation, celle-ci m’a demandé énormément de sacrifices et d’organisation, ainsi qu’à ma compagne pour jongler entre boulot, sport et nos deux enfants en bas âge. Le plus dur dans cette histoire ne fut pas d’aller faire du sport mais plutôt de gérer tous ces à côtés en restant un maximum présent autant que possible dans des semaines occupées par 37h de boulot et 20/25h de sport. Ma compagne est bien celle sans qui tout ça ne serait possible car elle sait où va nous mener ce projet jusqu’à Hawaii mais elle ne pouvait malheureusement pas venir sur cet Alpsman. Je t’emmènerais faire du pédalo sur le lac d’Annecy un de ces 4 Clémence !

Pour (enfin) vous parler de la course, je vais commencer par le commencement : un embarquement sur le bateau nommé « Libellule » à 4h du matin afin que celui-ci nous emmène au centre du lac pour prendre le départ de la première épreuve de ce triathlon format Ironman, à savoir un peu plus de 3,8kms de natation.

Ma natation se passa bien, je suis chaque année de mieux en mieux dans l’eau et je pense avoir réussi à passer une petite marche encore cette année. Ma nouvelle combinaison Orca 3.8 me procure une liberté de mouvement que je ne trouvais pas avant. En témoignent mes deux premiers triathlons de l’année ou j’ai pu prendre place dans le groupe de tête à chaque fois ! Je sors de l’eau en un peu plus de 54’ de cette natation généreusement mesurée (autour de 3950m aux montres de ceux qui m’entouraient). Je sors 6ème de l’eau ! Ce point faible qui m’obligeait bien souvent à remonter un grand nombre de concurrents au début du vélo est maintenant devenu une source de motivation pour prendre le départ des triathlons avec le plaisir que me procure cette discipline et le bonheur de voir mes temps baisser en bassin comme en eau libre !

***ATTENTION , CE QUI SUIT EST TRES LONG…PRESQUE AUTANT QUE 180KMS DANS LES MONTAGNES***

Après une transition correcte, je m’élance 3ème à vélo. Je reprend rapidement Juliette Benedicto, la première féminine sortie de l’eau 2ème (énorme nageuse !) puis reprend le premier nageur sortie de l’eau aux environs du 10ème kilomètre vélo. A ce moment là je ne m’imagine pas que je croiserais mon prochain concurrent direct dans environ 9h !!! Je monte à mon rythme presque à la Chris Froome, non pas pour les watts développées mais pour le lissage maximal de la puissance développée dans le col. Je me cale exactement à la puissance cible dans le col et les athlètes qui semblaient revenir rapidement de derrière n’ont pas fait la jonction et semblent avoir fait un départ trop rapide pour maintenir l’allure et poursuivre la route avec moi. Je monte donc le premier col qui est le Semnoz en allure très peu soutenue, je ressens même un peu d’endormissement dans cet effort de montée de col, je monte moins vite qu’à l’entrainement mais la route est encore longue, je me répète « Patience, on ne s’enflamme pas ».
Dans la descente du Semnoz, je suis frais, j’ai donc assez d’énergie pour faire la descente « taquet ». Deux motards m’ouvrent la route mais voilà, l’un sait descendre mais pas l’autre ! Heureusement il s’en rend compte assez tôt et me laisse passer pour faire ma descente comme j’aime en restant bien concentré, notamment dans les parties de routes mouillées ou le danger est plus élevé.
Le 2ème col, celui de Plainpalais, est assez facile à gérer car peu pentu et avec une redescente au milieu, sa descente est assez bonne et sur route sèche, on peut se faire plaisir, vient ensuite le col des prés, plus raide que plainpalais mais il ne monte pas très longtemps, seulement 8kms de vraie montée continue. Avec un bon faut plat sur le dernier kilomètre. Mentalement, cela passe beaucoup mieux de savoir que l’effort à gérer durera entre 30 et 40’ pas plus. La descente du col de prés est extrêmement rapide avec de longues lignes droites ou la vitesse devient grisante ! Voilà pour la présentation de cette boucle «Planpalais+Prés » que l’on fera 2 fois. Je me concentre sur mes sensations (bonnes, je respecte assez facilement les watts visées) sans chercher à augmenter les écarts. Malgré cela, quand j’entend que je reprend du temps sur l’arrière, le mental est au mieux même si je sais qu’on en est encore qu’à la moitié de cette longue demi-journée de sport !
Arrêt express au ravito perso pour changer mes 2 bidons et c’est reparti pour les 2 cols Plainpalais puis Prés. Ca va toujours, la puissance est toujours bonne même si les pédales semblent forcer un peu plus après 140kms, j’ai la chance d’être équipé du tout dernier Time Alpe d’Huez (un grand merci à TIME et Eric Boyer !) qui m’aide énormément à monter les cols souple et en relance quand cela est nécessaire. Les pentes les plus raides ne me sont plus des fardeaux à traîner au contraire de mon souvenir de l’Embrunman que j’avais fait avec mon BMC de contre la montre, une erreur que je ne reproduirais pas si je devais le refaire car le confort, la légèreté, la réactivité et la maniabilité d’un Time Alpe d’Huez m’auraient fait gagner énormément de temps le 15 Août 2017 dernier, j’en suis convaincu !
La partie finale de ce parcours vélo est en prise de longs moments avant de replonger les 10 derniers kilomètres vers Saint Jorioz. Une descente qui sonne comme une petite délivrance, on rentre au bercail, on va retrouver la civilisation (eh oui ca fait bien 6h que je suis seul avec mon vélo dans les montagnes), retoucher le sol avec ses pieds et attaquer cette dernière épreuve pleine de mystère afin de savoir comment vont pouvoir me porter ces jambes qui ont souffert durant les 184kms de ce parcours vélo pour m’emmener en haut du Semnoz mais cette fois à pied pour en finir avec ce marathon.

Une fois les pieds au contact du sol, la respiration se coupe quelque peu, il faut gérer un mode de respiration différent. Pourtant les premières foulées sont assez légères, c’est plus le souffle qui peine à venir se réguler au rythme des foulées. L’apaisement du point de coté fait ensuite place aux jambes plus raides, moins souples, les genoux semblent peser une tonne, ils ne montent plus pour allonger la foulée. La guerre interne commence. Courir jusqu’à un point de ravitaillement, boire un verre et se remettre un coup de pied aux fesses pour repartir. Mon but pour ne pas m’arrêter de courir est le km25 qui est nommé le tournant. A ce point, on sonne une cloche si on a la chance que l’heure de la journée ne soit pas supérieure à 17h30. Les heureux élus iront grimper le Semnoz pour terminer ce marathon, les autres resteront au bord du lac pour 2 tours de plus afin de terminer leur marathon. Mon tournant est très suivi car je suis le premier à aller sonner la cloche. A ce kilomètre 25 je n’ai qu’une envie : m’arrêter, boire, manger, m’asseoir. Quitte à y passer 5’ j’ai envie de repartir presque à neuf. Mais voilà, j’arrive au ravitaillement qui se situe 10m avant la cloche du tournant, je sens le public en haleine à l’idée que je sonne cette mythique cloche. Je m’arrête quand même, bois ce qui passe, mange ce qui passe (pas grand chose), m’assois par terre car pas de chaise en vue. Je me relève presque aussitôt, je n’arrive pas à calmer mon esprit pour faire le vide 30’’. Je demande mon sac de ravito perso du tournant pour y prendre un mini Mars (faut que ca reparte) et une compote puis m’approche de la cloche. Je vois Ludo, un des acteurs principaux dans l’organisation de cet événement, il me dit d’en profiter, j’avoue qu’à ce stade d’épuisement, j’ai du mal, mais la fatigue aidant, l’émotion m’envahit. C’est con, ce n’est qu’une cloche qu’on va faire sonner pour monter en haut d’une montagne, mais le public, l’effet mystique de s’attaquer à une montagne bien plus grande que nous et voir ma famille et mon petit Tom me font avoir la gorge serrée. Un bisous à Tom et je pense avoir recouvré mes forces. Mais cette sensation n’est qu’illusoire car une fois le dos tourné au lac, le vide redevient notre compagnon. Je n’ai pas pris l’option d’avoir un accompagnant pour la montée du Semnoz me disant que je n’allais pas faire subir une montée de 17kms à une allure marathon à mon père. Mais il n’est plus question d’allure, il est alors question de courir pour ne pas marcher, puis de marcher pour ne pas s’arrêter. Le réconfort aurait été un atout indéniable mais je ne me pose pas cette question là à cet instant. Je pense surtout à cette vision qui se trouble, à ces yeux qui « sautent ». Plus le choix, il faut prendre son temps si on veut atteindre le sommet. A vouloir aller vite, je peux ne jamais arriver en haut. Je sens ma silhouette parfois vacillante. Un malaise pourrait être fatale à une si belle journée, qu’elle soit victorieuse ou simplement abouti en allant au sommet. Je me dois d’aller au bout en gérant cette jauge d’énergie qui jongle avec la zone rouge. La montée n’a même pas encore démarrée que je marche sur une simple route légèrement montante. Je recours au profit d’une redescente et me dis alors que ma stratégie va être ainsi, monter en rythme de marche la plus rapide possible et courir en foulée légère sur les parties plus planes et de descente. Mais voilà que mes foulées provoquent un brassage de bide qui pousse des spasmes qui s’atténuent en marchant lorsque les chocs ne sont plus présents. Premier ravitaillement de la montée, les bénévoles sont compatissants, je dois avoir une sale tête, ils sont pleins de bienveillance envers moi, je capte un mot sur 2 mais ressent un grand respect pour notre effort, ça fait chaud au cœur. Je repars en légère foulée, comme pour les remercier de m’avoir insuffler un brin de courage par leurs encouragements.
Je sais depuis le tournant que je ne serais pas le premier à franchir la ligne en haut du Semnoz. J’avance non pas pour ne pas perdre de temps sur l’arrière mais pour me rapprocher de la fin. Je n’ai pas cet esprit conquérant de vaincre les autres, j’ai simplement l’envie de me battre contre cette montagne. Relever le défi qu’elle m’impose de la gravir avec des cuisses en béton armé, un ventre fragilisé par la durée de l’effort et des mollets qui arrivent à cramper jusqu’à la base des chevilles en simple marche rapide dans les pierriers. Je ne pense à rien d’autre que ne pas glisser sur les pierres, passer au mieux la boue ou je laisserais quand même ma chaussure à deux reprise, les racines pour éviter de partir à la faute et tous les pièges que peuvent offrir le terrain de jeu des traileurs (truc que je n’ai jamais fait mais ca serait à tester sans nager ni rouler avant !).
A environ 7kms du sommet je vois enfin mes proches. Mon père semble ne pas imaginer dans quel état je suis et il me dit de courir, je lui lance que je n’ai pas la possibilité de faire plus. C’est dans ces moments que j’imagine s’il avait été à mes côtés dès le bas, il aurait pu juger de mon état mais aurait aussi trouver des leviers pour faire oublier la douleur à mon cerveau et me concentrer sur les infos de la course, retrouver de l’espoir et un bon côté à cet effort qui me semble tellement inutile à ce moment. Effort qui me semble idiot. Oui idiot de pousser autant son corps dans l’effort alors qu’on est dans un état qui nous empêcherait presque de se lever pour aller travailler. Ces pensées négatives sont de plus en plus difficiles à chasser seul. Je me laisse autoguider par les banderoles « Alpsman » qui jalonnent très bien le parcours pour éviter les fausses routes. Je prend presque mon temps, non pas de regarder le paysage, je n’ai plus le goût à regarder autour de moi, mais le temps de m’appliquer à monter, me concentrer à vaincre ces pentes abruptes et même m’arrêter par 3 fois pour soulager ce ventre qui m’oblige à l’arrêt à chaque spasme. Le dernier arrêt de ce genre sera à moins de 2kms de l’arrivée. Si proche du but, je n’ai plus la notion de « course ». Je sais que je finirais et je continue ma marche en avant. J’entend au loin des voix derrière moi, 3 hommes, je me demande pourquoi tant de monde si c’est le 3ème qui rentre, un seul accompagnant étant autorisé. Ca m’affole, je me dit qu’ils sont peut-être 2 à la bagarre à rentrer sur moi et au point où j’en suis, je ne veux plus dégringoler du podium à un kilomètre de l’arrivée. Cédric Jacquot me rattrape accompagné de 2 personnes qui ne sont pas dans la course (un accompagnant et un autre gars), tant mieux pour moi je reste sur la boîte. Je l’encourage et lui demande où est le 4ème, sa réponse « à 2’ » ne me fait pas du tout plaisir. Je réfléchit 30" avec le peu de sang qui vient irriguer mon cerveau et me dit qu’il me reste assez long en temps pour me faire rattraper si je ne cours pas. Mon corps n’en peut plus mais le mental prend le dessus, je regarde Cédric Jacquot trottiner et comme un robot, j’exécute le même mouvement que lui. Ca me semble presque normal de le suivre, ça semble ne pas lui faire plaisir car il se retourne un peu mais j’ai presque envie de lui crier de ne pas s’inquiéter, je resterais derrière, c’est à ce moment là plus un allier qu’un adversaire. 2 ou 3, peut m’importe. J’ai trouvé mon accompagnant dans ce dernier kilomètre en la personne de ce concurrent. Quel bien ça m’a fait, ça ne fut pas plus facile, certes, mais bien plus efficace pour terminer l’ascension. Au bout de cette dernière longue prairie, je marche dans un « bain de boue » et ma chaussure s’englue au fond, mon pied gauche sortant uniquement en chaussette. Je me demande si je monte jusqu’en haut comme ça ou si je prend le temps de la remettre puis demi-tour, on ne vas pas faire n’importe quoi, finissons en chaussure ! La dernière rampe est abrupte au possible. J’ai Cédric juste devant avec les petites secondes qu’il m’a prises dans cet arrêt incongru, mais je vois surtout la ligne et le 4ème encore tout au loin dans le contrebas. C’est bon, je suis 3ème, mon craquage fut assez bien géré pour terminer en haut, en moins de 12h et qui plus est sur le podium. J’aurais pu mieux faire durant la montée peut-être avec une gestion différente mais un effort aussi long ne s’apprivoise pas du premier coup avec des allures « idéales » auxquelles on a pensées tranquillement chez soi. Les détails comptent et l’expérience est souvent gage de meilleure performance ici.

Cette Alpsman Xtreme Triathlon est donc une aventure à vivre à bout de souffle. Pour faire le comparatif avec Embrun que j’ai pu faire l’an dernier je dirais qu’Embrun est magnifié par des athlètes souvent prestigieux au départ tandis que l’Alpsman magnifie ses athlètes.

 


15/05/2018

L'Half Ironman Pamplona pour une reprise espagnole!

posté à 16h02

Je renfilais mon habit de triathlète pour la saison 2018 ce 12 Mai à Pampelune. Enfin plutôt à Lerate pour être précis car la natation se passait un peu plus au sud de Pampelune.
Tout ça pour nous permettre de profiter du vent du Nord en pleine face sur une grande partie du parcours vélo!

Le temps n’était pas, lui, à la mode espagnole. Gris, humide, à peine 10 degrés...pas l’idée que je me faisait de ce triathlon quand je m’y suis inscrit en début d’année! Malgré celà il fallait bien se jeter à l’eau! J’ai eu la chance de partir avec les élites, une première pour moi! Quel pied! Je me suis dit que je n’aurais pas à me bagarrer en me calant à droite des élites femmes...penses-tu les claques ne sont pas passées loins de mon visages toute la première ligne droite jusqu’à la première bouée! J’ai retenu la leçon, ne jamais énerver une femme quand elle est pressée! Malgré tout, j’ai réussi à prendre un rythme soutenu mais gérable en maintenant ma position dans un petit groupe donc avec une vague ou des pieds jamais très loins. Malgré que j’ai parfois dû relancer pour boucher quelques petits trous, j’ai trouvé cette natation très sympa, en bonne compagnie et avec un bon petit mal au bras au départ vélo, ce qui valide que j’ai nagé à mon potentiel! Et mon potentiel actuel me fait sortir dans le pack de tête (11ème temps) derrière seulement 3 ou 4 échappés aquatiques parsemés dans l’eau! La nouvelle Orca 3.8 qui m’avait laissé une bonne impression lors de mes entrainements est encore plus validées avec cette natation en compétition!

Dès la sortie de l’eau, le ton est donné, ça ne va pas être plat. Nous devons traverser le camping Aritzaleku qui se dresse devant nous sur une pente très abrupte sur les 520 premiers mètres puis en légère montées ensuite sur les 300/400m suivants. Après une transition ou j’ai été un peu gêné par un autre élite (ce qui ne m’arrivait pas avant car j’arrivais quand eux étaient déjà partis!), je pouvais enfin sauter sur mon Orbea Ordu pour lui offrir sa première balade triathlétique sur Half!

A croire que je lui avait mis la pression en lui glissant à l’oreille que mon BMC était une machine de guerre, dès les premiers coups de pédales, les watts sont bonnes. Les jambes un peu froides ne me permettent pas de faire de folies mais une fois le tout réchauffé ça monte bien dans les tours! Je sais qu’au bout de 20/25kms, on tourne sur la gauche et à partir de ce moment là c’est vent de face jusqu’à Pampelune! Cette première partie se passe bien mais l’espagnole Paredes me titille dans les montées en restant 100m devant sans que je ne puisse rentrer en restant dans ma zone cible. J’attend patiemment de tourner à gauche pour récupérer le petit Paredes dans le pare-choc car s’il aime bien les bosses, je pense que le vent risque de l’arrêter...et pas manqué, à peine 2kms après ce fameux virage gauche, tout en restant sur la même puissance développée depuis le début, j’enrhumme mon ami espagnol en rigolant intérieurement du scénario que je m’étais imaginé et qui se produisait! La route étant encore longue, le vélo se passa ensuite bien en restant concentré et gainé vent de face et le plus souple possible en montée. La puissance me surpris même à être encore assez aisément tenable sur la fin du parcours, presque plus facile qu’au début lorsque mes jambes avaient encore des glaçons dans les muscles. Je ne vais pas cacher que le jambes avaient perdu un peu de leur fraîcheur mais tout était au vert pour partir courir!

D’ailleurs cette seconde transition se passa sur les hauteurs de Pampelune après une belle ascension que nous emprunterons aussi à pied sur les 3 tours de circuits! Je crois un camarade espagnol durant la transition avec qui j’échange un regard et me disant intérieurement que vu la bracasse qu’il tirait à vélo, je vais pas tarder à le reprendre à pied malgré ses grandes jambes!

Il part assez vite sur ces 19kms du parcours accidenté de Pampelune. Je pars vite aussi en essayant de rester en aisance respiratoire et en ayant une foulée légère. Je le reprend dès le 2ème kilomètre, ça c’est fait, je check ma montre, aie aie aie 3’40/km, ON SE CALME. Mais après une petite réflexion interne je me rend compte que sur ces 2 premiers kilomètres, nous avons passé les ¾ du temps à descendre, donc le 3’40/km est tout de même raisonnable pour mon allure de 3’50 visée. La fin du parcours est quant à elle bien accidenté avec la remonté en haut de la citadelle de Pampelune pour passer à côté de la finish line. Je me rapproche ainsi de 3’50/3’55/km, ce qui me semble correct et pas mal avec ce parcours as plat du tout. Dans le 2ème tour une fusée me double, c’est le champion d’espagne Gustavo Rodriguez Iglesias, tenant du titre ici mais que j’ai vu arrêté sur le bord de la route regardant sa roue arrière. Je me dit “Tiens il a réussi à repartir le bougre!” Tant pis pour moi, il est vraiment plus fort et m’enrhume à pied! Je pense qu’il court en 3’30/km, ca va vite même s’il buffe un max! Je pense que je prend quand même un petit coup au moral car je me démobilise 5’ et prend une petite douleur au ventre niveau respiratoire. La remontée vers le centre ville me fait du bien, les jambes sont bonnes et ça régule mon souffle de monter et pousser/tirer dans cette bosse. J’accélère mon rythme dans le dernier tour afin de relancer un peu et ne pas faiblir, ce qui me parait bon car je retrouve un rythme plus conquérant que dans le second tour et termine ce parcours pédestre assez bien en ayant l’impression d’avoir tout mis. Niveau place je n’ai pas trop fais les comptes mais je termine 4ème en ayant posé le vélo 5ème. Je me suis trouvé sur le podium un petit tour jusqu’à la moitié du second tour quand l’espagnol volant m’a enrhumé. Tant pis, la boite n’était pas loin mais la perf est très bonne sur cette coupe d’espagne avec un niveau vraiment relevé et où je termine à environ 3’ de la gagne. Sur 4h d’effort je pense être resté au contact en solo sans jamais voir la bagarre devant moi, tout en faisant ma course ce qui témoigne d’une bonne gestion et d’une bonne condition.

Dans la nuit du samedi au dimanche, je ne sais pas si les espagnols arrosaient ma victoire ou si c’était autre chose mais j’ai eu l’impression de partager la soirée avec beaucoup de fêtards et d’être au milieu de la rue et des chants espagnols...tout en restant dans mon lit...la fenêtre donnant sur une rue passante! :s

Après une petite récup de quelques jours, je vais pouvoir terminer la préparation de l’Alpsman le 9 Juin prochain. Il faudra refaire le plein de courage d’ici là car cette épreuve va être extrême!

 


03/01/2018

Corrida de Magné…et bonne année !

posté à 09h33

En ce dernier jour de l’an 2017, je participais à la corrida internationale de Magné. Un 10km très réputé auquel j’avais le plaisir de répondre présent à l’invitation du très sympathique organisateur Alain Sauviac.
Je savais que je ne battrais pas mes records, par contre je savais que l’explosion pour arriver à tout moment sur une telle course. Surtout si je ne gérais pas mon départ, c’est à dire le premier tiers de course jusqu’à la fameuse cote de la chapelle sainte Macrine placée au 3ème kilomètre.
Un météo très clémente nous accompagnait en ce dernier jour de 2017 et c’est sur un tempo maitrisé entre 3’20 et 3’25 que je partais à l’assaut des première rampes de la colline placée trop tôt pour être un juge de paix de la course mais assez tard pour nous faire regretter un quelconque excès de confiance sur les premiers kilomètres.
Au passage de la bosse, je m’accrochais à un compagnon d’allure qui semblait tenir un bon tempo mais qui craqua légèrement à la relance en haut de celle-ci et je dû à partir de ce moment-là tenir l’effort tout seul en reprenant quelques valeureux coureurs partis légèrement plus vite et qui n’avaient pas pour ambition de courir en négative split comme j’étais en train de faire.
Ma remontée ne fut pas transcendante et je m’efforçais de tenir un rythme qui ne me permettait plus d’être en aisance mais d’aller chercher assez loin dans l’effort. La résistance continua jusqu’à la ligne d’arrivée, sorte de petite délivrance et de joie d’accomplissement pour moi de n’avoir rien lâché en faisant avec les moyens du moment qui constituent certainement mon niveau « de base ». Avec un peu de boulot ça devrait aller plus vite rapidement. Je ne doute pas que le coach en soit convaincu lui aussi à la vue du planning des 15 prochains jours qui vont m’emmener aux départementaux de cross le 14 Janvier prochain à Cerizay !
A bientôt !
Guillaume

 


29/11/2017

Ironman Cozumel, last step before KONA !

posté à 13h25

Une semaine passée au Mexique et me voilà plus enclin à parler anglais que français. Certes la langue du pays est bien l’espagnole mais mes capacités dans cette langue étant à peu près autant élevées que celles d’un enfant de 10 ans, mon anglais m’a bien aidés ces derniers jours pour partager la vie locale des habitants de Cozumel.

Arrivés 5 jours avant la course avec mon père, nous étions logés chez l’habitant dans un petit appartement « tout confort » à la mexicaine. C’est à dire douche à l’eau « tiède » ou froide selon l’heure de la journée. Climatisation glaciale si elle est sur « ON » ou chaleur étouffante si on la met sur « OFF ». Tous ces petits détails qui font que je suis heureux d’adorer la chaleur et ce climat des caraibes.

L’acclimatation durant les jours qui ont précédé l’Ironman s’est très bien passée. Les reconnaissances des parcours vélo et course à pied m’ont permis de reprendre une activité légère après les 2 jours de voyage pour arriver à destination. Les petites tensions d’avant courses étaient bien présentes dans le corps elles aussi dont un léger manque de force dans ma jambe gauche ressenti sur le vélo. Celui-ci étant certainement dû au voyage un peu long pour mes petites fesses qui ne semblent pas aimer rester assises très longtemps !

Ces quelques jours avant l’Ironman m’ont tout de même semblé assez longs. Mais les journées à lézarder après avoir fait un peu de sport dans la matinée très tôt (entre 5h et 9h, décalage horaire oblige) m’ont permis d’arriver bien reposé ce dimanche 26 Novembre sur le ponton du départ natation.

La natation justement, parlons-en ! Quel pied de nager dans une eau transparente, chaude et peuplée de petits poissons en tous genres et de faune sauvage. Un régal pour les yeux dont j’ai pu profiter lors des 2 sessions en mer effectuées avant la course car le jour J, j’ai laissé à qui le voulais bien le loisir de les observer, mon regard et mon attention étaient portés bien ailleurs à viser ces bouées longeant la côté pour atteindre mon but ultime dans cette première discipline : la seule bouée rouge et triangulaire, synonyme de virage à gauche direction la sortie de l’eau. Cette natation m’a semblée passer à une vitesse folle ! Il faut dire que le départ en rolling start (c’est à dire chacun son tour avec un chrono qui se déclenche uniquement lorsque l’on passe la ligne de départ) m’a permis de partir entouré de nageurs d’un niveau équivalent au mien. Cet effet de groupe homogène est très appréciable et j’ai eu l’agréable surprise d’avoir des sensations de natation très bonnes ce qui m’a permis de nager bien relâché en ne faisant quasiment que doubler les triathlètes qui m’entouraient. Autant vous dire que quand on se catalogue comme « nageur moyen » le moral est très bon et vous fait esquisser un grand sourire lorsque vous voyez que votre montre vous indique que vous avez mis environ 49’ à parcourir la distance !

Une fois sorti de l’eau et après une transition éclair, j’attaquais les 180kms avec envie et légèreté d’esprit car outre la qualification, j’avais dans l’idée de descendre sous les 9h pour la seconde fois cette année sur Ironman si tout allait bien. Et pour aller bien, ça allait vraiment bien dans la tête car je ciblais un temps autour d’1h sur la partie natation, j’avais donc un matelas d’avance virtuel de 10’…mais la journée était encore longue.

Après un départ rapide à vélo afin de me défaire du trafic cycliste un peu encombré en ce début de parcours, je me recalais rapidement sur ma puissance cible. Ou plutôt mes jambes me rappelaient à l’ordre en toxinant assez fortement au bout d’une dizaine de kilomètres. On ne s’affole pas, plus que 170 comme ça. A ce moment là, seules des pensées positives très fortes peuvent permettre de tenir. Je me suis alors dis qu’on était enfin dans le vif du sujet après tant d’entrainements ces derniers mois, il était temps de mettre en œuvre ce que je savais faire avec toute la confiance que j’ai dans mes capacités physiques. Je me suis donc mis en tête que mon corps était largement en mesure de tenir, que ma faiblesse du moment était simplement mon cerveau qui ne voulait pas accepter la douleur et donc un seul mot d’ordre à retenir : « Ca passera! ». Et croyez moi ou non, c’est passé…avant de revenir quelques fois durant cette partie vélo ! Mais quelle valeur auraient nos exploits personnels si on les atteignait dans la facilité ?!

Sans réellement craquer mais en voyant quelques triathlètes craquer autour de moi, je m’acheminait donc vers une fin de vélo correcte à presque 40km/h de moyenne. Je fus heureux de voir arriver cette fin de vélo car les jambes voulaient de moins en moins appuyer sur les pédales. Le bilan était tout de même bon avec une dépose du vélo en moins de 5h30 au temps total cumulé natation et vélo. Mon matelas d’avance sur le « Sub9 » prenait encore plus d’importance et l’appétit venant en mangeant, je gommais rapidement cet objectif secondaire pour oublier ces 5 premières heures et demi et partir en pleine forme et motivé sur le marathon qui m’attendait.

Dès la descente du vélo, pied nu sur le tapis de descente du vélo, les jambes rebondissaient bien comme attendu, c’était tout bon ! Et ce malgré une galipette du gentil bénévole qui s’emmêla les pinceaux au moment d’attraper mon vélo pour aller le ranger à son emplacement pendant que je partais chercher mon sac de transition course à pied. La prochaine fois il faudra que je pense à arrêter le moteur du vélo quand même, c’est pas cool pour celui qui le rattrape !!!

A peine sorti de la tente de transition, j’entendis mon père me crier une consigne du coach : « Pas plus de 4’40 au kilomètre ». Je prenais l’information comme une consigne de partir prudemment mais ne regardais pas ma montre et partais donc prudemment mais en rythme. Après quelques minutes je regardais enfin ma montre qui affichait 3’50/km…je pensais alors à Guy-Marie s’arrachant tous les cheveux de la tête s’il voyait ça en direct puis repris ma concentration pour continuer de rester dynamique mais surtout en gestion sans chercher à aller vite, simplement en avançant relâché, en souplesse mais en rythme. Je savais que le plus dur arriverait plus tard et qu’il fallait profiter de ce moment d’aisance à 15km/h avant les moments ou l’allure peut redescendre à 12km/h et être beaucoup plus difficile à tenir que sur ces premières foulées. « Ce qui est pris n’est plus à prendre »

Le dur arriva durant le deuxième semi pour réellement enclencher le mode survie aux alentours du 28ème kilomètre. Ce dernier tour fut ponctué de plusieurs marches rapides aux ravitaillements pour boire, m’arroser et tenter de reprendre de l’énergie qui semblait s’échapper dès que la première foulée se réenclenchait pour repartir ! Mais la tête tenais bon, je sentais la victoire en groupe d’âge au général se rapprocher à chaque pas puis vint ensuite l’horizon qui se dégageait lorsque je sortis de la partie plus isolée du parcours course à pied pour revenir vers le centre de San Miguel de Cozumel. Je voyais alors au loin le site d’arrivée. Plus aucune seconde ne passa sans que je fixe ce point au loin. Le cerveau s’était bloqué sur cette cible alors que les jambes et le corps ne voulaient qu’une chose, tout arrêter. L’augmentation de mon allure sur ces 2 derniers kilomètres était tout simplement une envie folle que tout s’arrête plus vite. Que je puisse prendre ce dernier virage à gauche et savourer cette finish line. Que je puisse entendre le public, mon père, le speaker m’annoncer puis venir me féliciter. Voilà, c’est fait, ce moment est passé bien plus vite qu’on ne peut l’imaginer durant tous ces kilomètres qui conduisent à cet aboutissement. Bien trop vite pour un cerveau plus assez lucide pour analyser autre chose que « courir, s’hydrater, manger, avancer ».

Mon vagabondage commença alors dans cette after finish. Quasiment seul dans cet endroit, entouré de bénévoles qui me regardaient d’un air plutôt compatissant en me voyant marcher…euh non pardon, en me voyant me déplacer à la manière d’un zombie. Aucun moyen de manger, rien ne passait. Un peu d’eau et une envie de dormir profonde prirent le dessus. Je rentrais donc rapidement à mon hébergement situé très près de l’arrivée pour passer sous la douche, m’allonger et dormir. La faim revint ensuite puis après avoir retrouvé un petit peu mes esprits, j’étais enfin en mesure de profiter de l’accomplissement réalisé.

Mon temps final de 8h38 est une performance que je n’imaginais pas atteindre. La victoire en groupe d’âge est plus anecdotique pour moi car l’objectif de qualification pour Hawaii et de faire une belle performance à mon niveau prennent le dessus sur le reste. Tout ça est possible grâce à tous les membres d’EvasionTri226 qui me soutiennent, aux sponsors professionnels qui m’ont donné cette chance dans un premier temps de participer à cet Ironman Cozumel dans de bonnes conditions et maintenant me permettent d’envisager la suite sereinement. Pour tout cela, je me sens chanceux et extrêmement reconnaissant d’avoir cette chance de pratiquer ce sport avec des contraintes parfois allégées. Le plus grand merci revient à ma compagne qui a eu le courage de supporter cette préparation en parallèle de la naissance de notre deuxième enfant, Nathan. Si seulement je pouvais lui faire passer cette finish line à ma place, elle mérite autant que moi les reconnaissances, félicitations et autres messages qui font ressentir de l’épanouissement dans l’accomplissement de tels objectifs.

 

EvasionTri226


17/10/2017

On accélère pour la Coulée Verte!

posté à 11h10

Ce dimanche 15 Octobre se déroulait la coulée verte. Le semi-marathon qui serpente les rues de Niort dans une belle ambiance.
C’était pour moi l’occasion de voir les progrès réalisés en course à pied durant les 2 semaines qui ont suivi le 10kms de Rochefort et ainsi voir l’évolution de ma condition physique.
La semaine fut rythmée entre la récupération d’avant compétition et la naissance de notre 2ème enfant, un petit garçon nommé Nathan ! Je m’élançais donc avec bien moins de pression et de certitude qu’à la normal car ne sachant pas comment le corps allait réagir à cette nuit blanche de mercredi pour accueillir le petit dernier.
Après un départ poussif où j’ai eu un peu de mal à me mettre dans la course, j’ai réussi à rentrer dans mon match contre moi-même aux alentours du 10ème kilomètre et aller de mieux en mieux malgré les kilomètres qui défilaient. J’ai ainsi pu terminer 8ème de cette Coulée Verte 2017 dans un temps de 1h13’16. Un temps qui me satisfait beaucoup car l’allure de 3’26/km que j’ai tenue tout du long a été maitrisée malgré l’accent mis sur le volume au détriment de la vitesse dans cette préparation de l’Ironman de Cozumel.
La suite passera par l’Ekiden dans 2 semaines afin de faire une bonne séance de qualité dans les 4 semaines de charge qui arrivent pour élever mon niveau d’endurance dans les 3 sports d’ici Cozumel !

 




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