Actus

06/05/2019

Retour de Lacanau sans compléter la collection

posté à 11h47

J’ai une histoire particulière avec le Lacanau Tri Events. J’y ai toujours été satisfait de monter sur le podium mais je n’ai jamais pu monter sur la plus haute marche.
Ma série là-bas en 3 participation est la suivante 3ème-2ème-2ème, pour casser tout suspens cette année j’ai rajouté un 2 …encore.
Cette année, j’aborde le triathlon en tant que coureur qui pense beaucoup à courir et beaucoup moins en triathlète. Je nage quand j’ai un peu de temps et sans grande ténacité à tenir des intensités qui vous font bruler les bras et les épaules. Je roule beaucoup sur HT pour jouer sur Zwift principalement, mais le vélo est sorti moins de 10 fois dehors depuis le début d’année 2019.
Tout au plaisir je vous dis, et c’est vraiment sympa ! On profite beaucoup en famille de moments qui étaient jusqu’à l’année dernière proscrit par un planning d’entrainement chargé mais je peux encore m’amuser avec mes loisirs « Swim/Bike/Run » et surtout en ce début d’année la course à pied.
Pour tout ça j’allais à Lacanau dans une sorte d’inconnue. Enfin pas tellement, je savais que la natation ne serais pas exceptionnelle pour moi, je pensais bien foncer à pied mais quid du vélo et de l’état de mes jambes pour courir après un vélo au seuil durant 2h ? Sur Zwift, mes sorties durent 1h/1h15 tout au plus en général donc est-ce que j’allais pouvoir tenir 2h d’effort constant quasiment à fond…qui vivra verra.
Pour la natation, pas de bagarre avec le départ élite proposé. Je pars vite, enfin comme je peux, mais rien dans les bras, pas grave c’était prévu. Je nage seul, au demi-tour, je nage toujours seul, et à la fin je nageais encore seul. Bon c’est bien de partir à 23 en élite mais du coup j’ai tout fait tout seul !!! j’ai quand même senti un peu de mieux au bout de 1000m dans cette eau froide, c’est bon signe j’ai gardé un peu d’appuis. Je sors à 2’ de la tête mais en partant à vélo je sens que j’ai oublié un truc, mes jambes qui courent après mon vélo et ne me rattraperons qu’après un gros quart d’heure de route une fois que le froid qui les tétanisait aura laissé place à une douce et relative chaleur. Je trouve enfin mon rythme même si mon gabarit de gringalet de courir de 69kg n’apprécie pas tellement les lignes droites toutes plates que propose le parcours ici. J’appuie et positive, il n’y a que ça à faire ! Mais voilà qu’au 60ème kilomètre un gros nuage noir nous rattrape et ça fait mal ! Le thermomètre perd 5°C, ajoutez à cela pluie et vent et le « Guigui mister freeze » du départ vélo redevient d’actualité et ce coup là il ne me lâchera pas jusqu’à seconde transition. Et même durant cette T2 impossible d’enfiler correctement mes chaussettes, mains glacées, pieds en béton, je galère. En partant courir j’ai l’impression d’avoir des gros cailloux dans mes chaussures mais non, ce sont bien mes pieds ! Le départ à pied se fait donc dans la douleur mais je ne calcule rien, avec ce que j’ai fait à pied en ce début de saison je suis confiant sur le fait de tenir l’allure alors j’y vais franco pour réchauffer le corps et débloquer les jambes endoloris de ce bourinage cycliste qui vient de se passer. J’ai froid mais j’étouffe, allez y comprendre quelque chose ! Je trouve enfin mon rythme et voit le 2ème, Pierre Massoneau, devant moi au loin, ça motive et ça passe le temps surtout ! Je rentre assez vite sur lui et sait depuis le début de la CAP que ce sera le seul que j’aurais l’occasion de reprendre, le premier ayant posé le vélo plus de 4’ avant moi à T2. Je fais une belle CAP, j’en suis conscient, surtout que des crampes viennent me saluer au 10ème kilomètre, je mets donc le « hola » et reste sur un rythme de sénateur plutôt que de tenter un assaut de la seconde partie du semi en mode « banzai » pour faire le spectacle avec un retour inespéré sur la tête. Je ne vous dis donc pas combien je termine, ca fait 3 fois que je vous le dis !!
Je me suis bien amusé et ça fait tellement plaisir d’aller sur ce triathlon et saluer les organisateurs qui sont chaleureux avec leurs participants et que j’ai maintenant appris à connaître depuis 4 ans que je monte sur leur podium !
Pour la petite histoire de « collection » dans le titre, si vous avez été assez courageux pour lire jusque-là, je vous explique tout maintenant !
Le trophée offert aux 3 premiers est super sympa, c’est un nageur, un rouleur et un coureur taillé dans du bois. J’adore le style ! Chacun choisit son trophée, d’abord le premier, puis le second et enfin le troisième. J’ai déjà pu avoir 2 fois le nageur et une fois le coureur, cette année j’ai prié intérieurement pour pouvoir choisir le cycliste mais le vainqueur l’a (encore) pris. J’ai donc fait un heureux et laissé Tom choisir le nageur ! Ça commence à faire des doublons tout ça mais je n’ai toujours pas la collection complète du triathlète, il faudra revenir l’an prochain c’est dommage :p


 


18/03/2019

Semi-marathon de la Rochelle

posté à 09h36

Terminé la chaleur hawaïenne et les belles plages d’Honolulu, ce dimanche 17 Mars rimait avec le retour sur semi-marathon à La Rochelle. Après avoir « break » complètement sur la fin d’année 2018, j’ai repris la course à pied principalement pour me faire plaisir durant l’hiver comme j’aime le faire régulièrement durant mes saisons de triathlons. Débuter l’année par un bon bloc de CAP fait du bien au corps et à l’esprit personnellement.
L’objectif initial sur ce semi est assez simple, m’approcher des 1h12, voir 1h11 en étant gourmand aux vues des bonnes sensations durant la dernière semaine menant au jour de course. Je me rends compte du chemin parcouru depuis ces 5 derniers mois au cours desquels j’ai sciemment perdu la ligne et la forme pour décrocher réellement du sport et laisser derrière moi toute ambition sportive personnelle de projet style « Ironman ».
Mieux qu’un régime Weight Watchers, la prépa made by « GMG Coach&Moi » m’a fait retrouver forme et ligne en quelques mois !
Le jour de la course, les voyants sont tous au vert, bon moral, bonnes sensations, seule la météo va nous faire perdre quelques secondes avec le vent soufflant par rafales et les estimations de pluies devant arriver en cours de route.
Dès le départ, ça s’enflamme ! Un groupe de 6 se détache pour me laisser derrière avec 3 autres compagnons seulement dès le premiers kilomètre. Nous passons celui-ci en 3’15 à une bonne dizaine de secondes de ce premier groupe…c’est parti vite devant, trop vite surement. Les kilomètres s’enchainent et nous reprenons régulièrement les fougueux partis à l’avant. Le rythme auquel nous courons n’a rien de relax mais le chrono est régulier avec des relances régulières sous l’impulsion de Romain Chergui qui gère sa course en vrai métronome. Les kilomètres sont quasiment tous autour de 3’18-3’20/km et nous fonçons vers…le troupeau du 18ème. Moment fatidique ou la course devient du grand n’importe quoi pour l’avant-garde du peloton que nous formons car nous rattrapons les derniers qui prennent toute la largeur de la route, ne nous entendant pas arriver et courent quasiment 2 fois moins vite que nous. L’impact est parfois inévitable et surtout très gênant pour eux, pour nous, bref personne n’y est gagnant. Les organisateurs semblent ne pas se soucier de ce problème mais il est réel. Il suffirait pourtant de tracer une petite voie sur le parcours pour le second passage pour que notre chemin ne soit pas bloqué par la foule de coureurs « overlapés ». Nous repassons le 3ème au 19ème kilomètre et j’arrive à passer le dernier long faux plat avec mes 2 compagnons qui jouent la 3ème place. Mais dès le sommet de ce faux plat, la route se rétrécis et le zigzag fou devient encore plus intensif, je n’en peux plus, fustige cette organisation à revoir et perd ainsi le contact sur une chute d’un malheureux concurrents doublé qui chute devant moi sous l’étonnement du passage rapide de mes 2 compagnons. Je termine ainsi en 5ème position en 1h10’41’’. NOUVEAU RECORD perso sur semi ! Très content du temps réalisé, moins du dénouement de ce final heureusement sans regret car je suis à ma place, le temps aurait pu être bonifié de plusieurs secondes. Je pense qu’il faudra aller ailleurs pour trouver un terrain de jeu plus propice à aller titiller les 1h10.

 


23/10/2018

Kona : Comme un singe sur sa branche

posté à 06h59

Il m’aura fallu un petit moment pour me lancer dans ce résumé de mon Ironman d’Hawaii. Une bonne semaine sans trop y repenser pour pouvoir écrire quelque chose de concret, réel, et ne pas rester sur une réaction à chaud. Il m’aura aussi fallu un vol Los Angeles-Amsterdam de 11h pour me décider à y passer à cette page d’écriture devenue rituelle au fil de ma pratique du triathlon et plus particulièrement de l’Ironman.

Alors accrochez-vous, c’est parti on décolle !

Avant tout, petit récapitulatif des faits. Cet Ironman d’Hawaii, nous en parlions depuis une bonne année et demie. Comment y aller, où s’y qualifier, comment le préparer. Je voulais avoir toutes les chances de mon côte pour être serein sur l’aboutissement de ce projet. J’ai eu la chance d’avoir avec moi une équipe exceptionnelle, nul besoin de les nommer ici, ils savent bien qui ils sont et que sans eux je n’aurais pas pu réunir toutes les conditions nécessaires à préparer cet Ironman sereinement. De la qualification à Cozumel jusqu’à Hawaii en passant par Pampelune, L’Alpsman, le Triatbreizh puis Royan, j’ai pu à chaque fois apprendre et avancer sur mon plan de vol dont l’atterrissage était prévu ce 13 Octobre 2018. C’est autant une aventure personnelle que collective que nous avons vécue avec les partenaires les adhérents de l’association et surtout ma famille autour de moi qu’elle que soit la date et l’heure de la séance d’entrainement à faire ou du repos à s’accorder. Et c’est bien la où ça bloque… « Autour de moi »…quand on sait que nous avons tous nos vies à vivre, nos passions à achever et pour moi maintenant nos deux petits mecs à assumer, l’expression « autour de moi » est bien trop revenue en boucle et en priorité. J’ai réellement eu du mal par moment à assumer mon rôle de père, de conjoint ou d’ami. Tout comme le disait mon ami Yannick, le sportif est contraint à un égoïsme qui peut être dégoutant à la longue. C’est ce que je ressentais par moment, ce besoin continuel d’écouter son corps pour jauger sa fatigue, sont état de forme, la nécessité ou non d’en remettre ou de lever le pied. Tout ça est centré « autour de soi » et c’est alors compliqué de s’ouvrir aux autres. Je m’éloigne du sujet mais voilà un premier élément qui me travaillait personnellement. Non pas avant la course, car notre projet touchait à son terme, mais sur le long terme, sur l’envie de progresser encore et toujours qui impose, je pense, trop de fermeture sur soi. Je ne vais pas vous annoncer que j’arrête tout, que je deviens obèse (même si la dernière semaine post Ironman m’a mis un peu de plomb dans l’aile !!) mais j’ai l’ambition de devenir un papa plus présent, un conjoint plus aidant (et aimant) et de pouvoir conjuguer vie de famille et vie de professionnelle avec le sport greffé un petit peu autour en filigrane.

Arrivé 3 semaines avant l’Ironman, j’ai pu constater que la chaleur présente allait me jouer des tours si je n’en tenais pas compte. Les séances costauds de Guy-Marie avaient tendance à être trop ambitieuse alors que je les tenais assez solidement sur Niort, même lors des bonnes chaleurs estivales. Heureusement, loin des yeux mais pas loin du clavier, je pouvais communiquer avec lui et réfléchir à un plan de course à suivre pour le marathon, lui qui découvrait que l’Ile d’Hawaii n’était pas toute plate à la vue du profil altimétrique du marathon proposé ! Les natations en mer et en piscine étaient quasi quotidienne et cela aurait été une déception de ne pas pouvoir profiter de ce cadre exceptionnel pour s’entrainer une dernière fois comme un forcené pour cet Ironman. Tous les voyants étaient donc au vert avec une gestion de course intelligente et réfléchie qui devait m’emmener sur un marathon autour de 3h15 après une natation en moins d’une heure et un vélo autour de 4h40. Vous l’aurez compris, la cible des 9h devait passer dans une journée parfaite. Je savais que ce n’était pas si simple qu’en parler, concentration et bonne gestion devait m’y amener, le corps n’avait qu’à suivre…

Ce matin du 13 Octobre, je me levais pour retrouver mon ami Jean-Jacques, présent sur place en famille, au petit dej de 3h du matin dans notre appartement loué en commun. Je sens qu’il ne peut plus dormir, lui qui a vécu des émotions sportives incomparables. Cette grande journée va lui plaire ! Ensuite on se recouche puis à 5h c’est vraiment parti. Direction le marquage des dossards sur le corps par les bénévoles de l’Ironman, l’installation des boissons, des chaussures et du casque sur le vélo puis « vaselinification » des parties du corps en frottement sur les 9 prochaines heures de sport au programme du jour. Une fois le job effectué, l’attente peut paraître longue, mais je croise l’ami Yann Rocheteau avec qui nous patienterons jusqu’au départ à discuter tranquillement. Le départ natation est lui aussi beaucoup plus serein qu’en 2015. Je prend la décision cette année de partir sur la gauche afin d’éviter les coups. Dans l’eau j’attends avec des français autour de moi, j’ai donc plus de confiance sur le départ car nous nous positionnons selon nos temps de référence sur natation Ironman. Objectif moins d’1h atteint avec 58’ passées dans l’eau, sans un coup, sans se faire monter dessus, seulement quelques coups d’arrêts par moment mais très léger. Je sors gonflé à bloc en voyant mon temps, la journée s’annonce belle, je retranche 10’ à mon temps natation de 2015 ! S’il y a un exploit aujourd’hui, on peut le trouver là !

J’enfourche mon vélo après une transition rapide. La densité est présente mais je suis beaucoup moins dans le « ventre mou » de la course et les groupes que je croise au premier demi tour sont plus fournis que ce que j’ai vu devant moi. La puissance à maintenir est plus haute sur le départ car beaucoup de montées/descentes se présentent à nous. Ensuite la puissance se stabilise autour de 270/275 sur l’autoroute lors du premier aller mais je suis plus souvent entre 260 et 270. Le trafic cycliste est trop dense pour pouvoir se concentrer seulement sur son effort, trop de monde autour pour nous passer puis se poser devant nous en ralentissant l’allure. Ce qui force à des changements d’allure très récurrents lors desquels on doit passer bien au dessus de la cible pour redoubler puis se faire redoubler, etc, etc…
Je sens toutefois aux sensations que les 270W ne sont pas dans la zone de confort souhaitée, celle dans laquelle je suis habituellement. Je me jauge ainsi et décide d’alléger l’allure car la chaleur doit jouer elle aussi avec mon corps, il faut adapter l’allure comme en course à pied. Je tiens la cible jusqu’au demi-tour d’Hawi (km 100 environ) puis le retour se fera vent de dos. Assez compliqué de tenir la puissance dans ce vent de dos mais la vitesse est bonne et je vois que mes prévisions de temps vont être meilleures que prévues. Mais je vois aussi du monde devant en groupe d’âge qui joue intelligemment le coup en se déplaçant en « team » improvisée du jour. L’union fait la force et ils l’ont bien compris. Ce n’est pas l’idée que j’ai d’un Ironman. Voilà une raison pour laquelle on ne retrouve pas les mêmes devant sur des courses d’une telle densité. J’ai une vision très différente de l’Ironman que celle de cette course où la tactique prime souvent sur la force personnelle lors du parcours cycliste. La perte de mon bidon avant et la fin de mon bidon arrière viennent perturber le plan d’hydratation. Je suis forcé de prendre les bouteilles de Gatorade tendues par les bénévoles. Et là je ne mets pas longtemps à sentir le ventre se tordre un peu par moment. Malgré cela, je pose le vélo en 4h33 et vois que je dois courir le marathon entre 3h20 et 3h24 pour passer sous les 9h, c’est très très jouable ! Malgré la sensation que quelque chose ne va pas en terme d’énergie ou de force, je pense pouvoir réussir à courir mon marathon autour de 3h15. Je pars donc sur le 4’25/km prévu avec la sensation trompeuse de pouvoir courir comme ça pendant des heures et des heures. Malheureusement ça n’aura pas attendu 30’ avant que mon ventre n’explose en plein vol. Des poings de côté comme des coups de poignards se font ressentir dans tous les sens, impossible de respirer, j’arrive encore à courir autour de 4’30 mais je n’arrive pas à tenir une foulée correcte donc économe. Ca tape beaucoup plus et les jambes n’aiment pas ça. Je suis maintenant sur le premier Aller/Retour sur Alii Drive et je me bats pour rester à l’allure de gestion voulue. Je ne me bats pas à l’extrême mais je suis pressé d’arriver sur la Queen K où on avait prévu de redescendre en 4’40/km pour tenter un retour d’Energy Lab en costaud. Mais je ne pense pas à ce retour, avancer me permet d’espérer mais je sens que je n’ai plus rien à gagner. Les objectifs sont à oublier, il faut simplement avancer. C’est alors que le petit singe en moi apparaît. Lorsqu’un coureur me passe avec une allure qui n’est pas supersonique je verrouille la cible et accroche pour me relancer au maximum, tenir jusqu’à ne plus en pouvoir puis retomber…pour m’accrocher à la branche suivante. Cette technique me permet de rester dans une sorte de course poursuite qui active un peu plus mon allure bien que ça fasse mal, c’est moins douloureux que de trainer sa misère sur une autoroute en pleine chaleur à courir un marathon un samedi après-midi d’Octobre. Le mental fait des montagnes russes avec les hauts de moins en moins haut et des bas…de plus en plus bas. Je ne tiens plus le 5’/km sur le retour d’Energy Lab, l’allure qui m’aurait permis de passer sous les 9h finale. J’ai beau rêver de ce Sub9, ça ne suffit plus pour avancer plus vite. Rien à faire d’autre qu’avancer. Un stop pipi en bas d’Energy lab, des stop arrosage à chaque ravito, voilà ce qui égraine les kilomètres de ce marathon que je boucle en 3h26, bien râpé physiquement avec un genou gauche venu se tendre lors de la dernière descente, signe que le ventre qui n’a pas aimé le Gatorade est au bout du rouleau. Terminer est une délivrance. Je n’ai besoin que d’une chose après cette ligne, c’est de calme…et même là, impossible d’obtenir cela, 2 gentils bénévoles viennent m’accompagner pour me guider vers l’after finish. J’ai envie de leur dire que je connais le chemin, qu’ils peuvent me laisser plutôt que de me poser 36 questions dont une récurrente qui voulait me demander si j’étais sur que ça allait, s’il ne fallait pas que j’aille voir la tente des médecins. Je dois vraiment avoir une sale mine. Ils me laissent un peu trop loin car une autre bénévole leur dit qu’ils n’ont rien à faire là et qu’ils doivent me laisser et retourner sur la ligne accueillir les suivants. Ouf, merci madame ! J’ère dans l’after finish, vois Clémence pour un bisou puis je me dirige vers les tentes de massage. Un bon massage hawaiien, voilà de quoi me remonter le moral moi qui suis passé au travers des objectifs. Le premier trop ambitieux de podium (je suis autour de la 25/30ème place) et les 2 autres pas passés loin mais il aurait fallu être dans un meilleur jour pour le Top 100 (je suis 122ème) et Sub9 (9h02). Le coup est passé à côté, j’ai fait une course honnête mais pas exceptionnelle. L’exploit aurait pu arriver dans une grande journée mais je pense que le podium de ce groupe d’âge 30-34 était hors de portée. Il faut viser les étoiles pour atteindre la lune. Ce top 3 était l’étoile et j’ai raté la lune de quelques poussières. J’aurais aussi peut-être pu améliorer ce temps si j’avais été animé par la course, son parcours et ses profils. Hormis la natation, courir sur autoroute constamment entouré d’autres triathlètes n’a rien de sexy. Et le marathon passant par ce même parcours sur la Queen K n’a d’autre intérêt que de tester le mental de ceux qui l’affrontent. Je me suis peut-être trop habitué aux courses que j’ai pu faire avant où l’aventure se vit le jour de la course avec des paysages magnifiques comme dans les alpes ou lors des Ironman où l’on sent une communion forte avec le public à chaque passage régulier. J’essayais de me dire que Cozumel ressemblait à Hawaii mais j’ai eu le malheur de tomber sur un Ironman tellement beau et vivant qu’on se trouvait en fait à l’opposé de ce qu’on ressent à Kona. Il y a ici une sorte de tension bestiale orientée sur la performance et le besoin pour chacun de se mesurer aux meilleurs. Je pense n’avoir pas besoin de me mesurer à meilleur que moi pour tirer mon plein potentiel mais plutôt d’avoir ce supplément de motivation qui surgit lorsqu’on s’éclate à vivre un truc exceptionnel, avec ou sans concurrence, sur des parcours magnifiques ou dans des ambiances de folies. Hormis le mythe de cet Ironman et le besoin de connaître sa valeur, je n’ai pas d’intérêt à retourner là bas. Le chemin est long et l’aboutissement est une sorte de dernier combat ou chacun en ressort un peu cabossé. A tête reposée c’est surtout ce que je ressors de cet Ironman d’Hawaii. La valeur d’une course ne peux pas suffire à elle seule à sacrifier autant de temps car cet Ironman n’a pas tant de chose à offrir que du test physique et mental dans un coin paradisiaque que l’on « s’amuse » à fuir toute la journée.

Au final, j’ai réussi à faire ce que j’ai pu suite à une préparation que je trouvais idéale et qui me faisait certainement ambitionner trop haut par rapport à ma réelle valeur. C’est peut-être ça qui est le plus dur, 122ème dans le monde, voilà ou j’en suis. Ce n’est ni bon ni mauvais, c’est honnête. Je n’ai pas à en rougir mais plutôt à être fier d’avoir fait avec mes moyens et encore une fois d’être allé au bout de cette longue journée de sport.

 


18/09/2018

Half Royan, à 4 semaines de la grande messe !

posté à 11h52

J’adore l’Half de Royan ! Je n’y ai jamais réalisé la perf complète que j’espérais avec souvent des petits pépins ou une mauvaise gestion de ma course mais j’y retourne à chaque fois super heureux…allez savoir pourquoi ? Moi je sais pourquoi ! Cette course a une particularité, une émotion différente des autres triathlons Half en France. J’y ai débuté sur la distance, j’ai souvent beaucoup de proches et amis qui viennent passer une journée sympa au bord de la mer à même pas une heure et demie de la maison et surtout quand on regarde la startlist on est content d’être au milieu de ces noms prestigieux du triathlon français ! Cette année ne dérogeait pas à la règle mais je me suis incrusté dans le groupe de champions qui faisaient le spectacle à l’avant. De l’émotion je vous dis !
Arrivés vendredi après-midi pour récupérer dossards et faire tourner les bras dans la mer, j’allais toucher quelques méduses à marée basse. C’est degueu mais elles ne piquent pas donc à part le petit coup de stress de toucher ce truc visqueux on pourrait presque dire que c’est rigolo. Le thème du weekend était certes le triathlon Half de Royan mais surtout l’arrosage comme il se doit de la retraite de ma mère. Celle dont je ne vous parle pas souvent mais qui est aussi importante que mes chaussures à vélo ou me gels en course à pied. Le weekend ne pouvait être qu’une réussite parce qu’on était là pour lui faire une petite surprise de regrouper notre petite famille dans une maison du coin afin d’être la avec elle le reste du weekend.
Le samedi matin, le plan se déroulait sans accroc, elle ne se doutais encore de rien. Seul moi, ma compagne et les enfants étiont dans la maison avec eux, oui 4 chambres ça parait beaucoup mais « on avait réservé au dernier moment » et « yavait plus que ça » ! 😉
Petit déj matinal, très décontracté et serein, j’avais envie d’y aller dans cette mer, le boulot effectué en Aout me laissait penser que la journée serait bonne et la semaine plus cool me laissait des sensations agréables de fraicheur dans les jambes et même dans les bras que j’avais du calmer la veille car ils avaient envie de vraiment nager vite.
Le départ sur la plage est étrange, on court comme des fous à l’eau et le contrecoup est qu’après 50m de natation, je n’avais plus rien, petite chute de tension suite à ce « BOOM » du départ. Je reprenais un rythme assez bon pour repasser beaucoup de monde et me retrouver rapidement à lâcher les copains autour de moi. Le groupe de devant me paraissait déjà moins mais peu nombreux. Malheureusement trop loin pour que je puisse rentrer, je faisais mon retour vers la plage en solo, appliqué sur ma technique en y mettant la force nécessaire. Super sensations de lâcher les nageurs autour de moi au demi-tour quand j’avais eu envie d’appuyer un peu plus ! Je sors 12ème de l’eau, sur un niveau aussi relevé et tout seul ça nage très bien, la progression continue !
Départ vélo sereinement, je me calme pour enfiler mes chaussures une fois lancé et ne pas reproduire le même cafouillage qu’au Triatbreizh. Ça se passe mieux mais un élastique reste autour de ma chaussure droite tout en pédalant, je l’enlève et celui-ci décide d’aller se caler dans la roue libre…bon tant pis. Mais voila qu’en tournant il vient percuter le câble connectant le dérailleur arrière et le déconnecter. Je m’en rends compte au bout de 30’’ car je ne peut plus passer de vitesses. A peine 3kms de faits et je vois déjà la tuile arriver…pour Royan après tout c’est normal, ça suivra la lignée des autres années ! Je réfléchis calmement et décide de m’arrêter en haut du petit taquet au bout de la première ligne droite, comme ça je ne m’arrêterais pas à pleine vitesse et je pourrais repartir dans la descente donc je perdrais un peu moins de temps. J’exécute le plan, c’est-à-dire enlever l’élastique de la roue libre (pas facile il est bien enroulé) et reconnecté le câble et la VICTOIRE, les vitesses refonctionnent parfaitement ! C’est reparti ! Le vélo se passe bien, la puissance est très bonne, je reprend du monde, surtout dans le deuxième tour car je ne faiblis quasiment pas même si ça semble un peu plus dur au 2ème tour qu’au premier.
J’arrive à poser le vélo en 5ème position après avoir repris Gwenael Ouillères juste avant l’entrée dans le parc à vélo. Il repars avant moi mais je veux lui repasser devant alors je cours vite et le repasse pour prendre mon rythme sur ce semi-marathon. Les jambes sont vraiment bonnes et j’aperçois au loin le 4ème qui est Pacôme Thibault-Lopez.Je rentre assez vite sur lui et le reprendrait au bout d’environ 7kms. Il me dit d’aller chercher la 2ème place, il à l’air de croire que je pouvais le faire. Et la ça fait tilt. Alors si on résume, je suis 4ème sur le triathlon de Royan, j’ai laché Gwenael Ouillère qui a terminé 3ème de l’Embrunman il y a un mois. Je rentre sur Toumy Degham à pied, un exemple de performances et de longévité sur les triathlons français et d’outre-mer. Sylvain Sudrie (multiple champion du monde) semble courir un peu moins vite que moi mais est quand même assez loin devant. C’est énorme ! J’avais dit avant de démarrer la prépa pour Kona que je voulais passer un palier dans mon niveau mais là j’y suis ! Je suis au milieu des mecs que j’admire pour leur perf (eh oui je ne les connais pas je ne peux pas les admirer pour autre chose !). Je suis au combat devant et surtout je reste concentré sur mon semi. Je n’ai aucune envie de m’enflammer car je suis tellement content d’en être arrivé là avec tout ce travail planifié et effectué avec mon coach, tout l’été passé à aller courir/ aller bosser / nager / aller bosser / rouler. Clémence en mode nounou pour les enfants (l’été prochain tu peux te barrer un mois si tu veux, je resterais en mission à la maison style « Babysittor » ou « Un flic à la maternelle »)…mais je serais aussi heureux qu’on puisse rester ensemble un peu plus !
Je rentre donc légèrement sur les 2 de devant mais ils se tirent eux deux la bourre pour la seconde place, je ne sui spas assez au contact pour avoir le contact visuel et leur relance finale ne me permet pas de me rapprocher plus. Je termine donc 4ème avec tout de même le 2ème temps à pied derrière Sébastien Fraysse. Au-dessus du lot sur l’ensemble du triathlon, il a écœuré la concurrence, il est bien loin le temps ou je le reprenais à la petite cuillère sur la fin de son semi lors du Half de Lacanau 2017 ! Bravo monsieur !
Quelle joie d’en finir (parce que oui ça fait du bien quand ça s’arrête !) à une telle place !
Voilà où j’en suis de ma prépa. La machine tourne bien, le vélo est ultra-performant et les Adidas Boston ont passé le test de validation de la vitesse pour effleurer le bitume de la Queen K lors du marathon de l’Ironman d’Hawaii (J’ai bien dit effleuré, pas écraser hein) !
Il me reste maintenant à bonifier le physique durant ce dernier mini-stage à Hawaii dès la semaine prochaine puis on pourra dormir tranquillement en attendant le jour J !

 


25/07/2018

Triatbreizh 2018

posté à 12h15

En ce mois de Juillet j’avais coché le Triatbreizh non pas comme un objectif mais pour relancer la machine après une bonne coupure post-Alpsman. La date de cet Half Ironman collait exactement avec le timing que je m’étais mis en tête de 2 semaines OFF suivis de 4 de reprise active pour commencer à voir la condition s’améliorer jusqu’au jour de la compétition. En plus de la date qui me convenait bien, le triathlon en lui-même m’était familier car j’avais pu y prendre une seconde place il y a 2 ans derrière un très costaud Sylvain Sudrie et grâce, il faut bien se l’avouer, à un ennui mécanique de Cyril Viennot cette journée-là. L’ambiance et les parcours m’avaient ravis et j’y retournait donc plein d’envie en sachant que j’allais, si tout allait bien, passer une belle journée.
Etant sur place la veille, j’ai pu effectuer une partie du parcours cycliste. Bien m’en a pris car les routes empruntées étaient superbes par endroit, le mot d’ordre n’étant pas à la visite touristique pour la journée du dimanche, je profitais donc du samedi pour me laisser aller à regarder les paysages !
Dimanche matin, 8h30, le départ natation est donnée dans une légère brume. Départ dans l’eau, je m’excite un peu trop à vouloir faire le « START » et m’asphyxie comme jamais ! Après 2 ou 3’ de moulinette excessive, je sens un gros coup de moins bien me scotcher. L’erreur est faite, il faut maintenant se concentrer à glisser en récupérant un maximum de force pour relancer et ne pas rester englué dans la masse. Heureusement la lumière revient assez vite et je peux de nouveau réfléchir…et c’est justement ce qui m’a manqué en ce départ natation. Je nage presque au milieu de la rivière avec le courant de face ! Le courant étant plus fort au milieu que sur les côtés tout le monde nage sur ma droite au bord de la rive. Je suis à gauche d’un gars qui est à gauche d’un groupe. La manœuvre droite, droite devient obligatoire ! Je passe donc à droite du bonhomme qui tire un peu trop de bords pour moi et vois ainsi le groupe de tête derrière les 2 fuyards que sont Le Toquin et Sudrie (en relais) qui nous mettrons 3’. Deux excellents nageurs donc pas de panique. Mais voilà qu’un imbécile qui avait décidé de faire le départ se sens faiblard et laisse la cassure avec le groupe de tête qui se détache donc ! Observant ça, je remonte tranquillement sans me (re)mettre dans le rouge et fais mon propre tempo. Je suis donc en tête du groupe de chasse à la bouée du demi-tour et…je vous épargne tout le retour car je nage seul avec le groupe de tête 30m devant, plus personne dans mes pieds…puis 20m, puis 10m et je réussi à rentrer à 100m de la sortie de l’eau ! Une cassure qui m’aura value un peu d’effort pour pas grand-chose finalement ! Tant pis, je suis heureux d’avoir nagé correctement et surtout d’avoir pu rentrer tout seul sur ce groupe qui m’aurais semblé « tranquille » si j’avais fait ce retour dans les pieds ! Je sors 7ème de l’eau et tenez vous bien, 4ème du parc après la première transition. Ah oui il ne faut pas longtemps pour mettre une ceinture porte dossard et un casque ! Les autres ont du prendre un café vu l’heure matinale de cet Half !
A vélo, premiers coups de pédales et grosse galère à enfiler mes chaussures Giro. J’ai opté pour l‘utilisation du modèle Techlace, pas conçu pour le triathlon mais je suis tellement bien dedans que j’ai effectué quelques modifications sur la chaussure pour pouvoir l’enfiler correctement après T1. C’est une technique qu’il faudra encore éprouver un peu mais j’aurais ces chaussures à Hawaii car elles rendent extrêmement bien la puissance déployée sur les pédales. Le début du parcours est plutôt costaud sur les 15premiers kilomètres. Ça permet de bien se mettre en jambe mais il ne faut pas non plus exploser d’entrée ! Je gère bien tout le vélo et reprend le second aux environ du 30ème kilomètre. Mais voilà le premier n’est jamais en ligne de mire. Son niveau vélo de l’année précédente étant très moyen, je m’imaginait le reprendre avant la mi-course et pouvoir creuser assez d’écart avant la course à pied où là aussi, comme en natation il excelle. Etant un habitué des courtes distances, il possède ce profil nageur/coureur qui lui permet d’être parmi les meilleurs français de cette discipline. Mais là il fait jeu égal avec moi à vélo. Heureusement mon capteur de puissance me rassure sur la puissance que je développe, je ne suis pas planté, c’est simplement devant que ça va plus vite que prévu. J’évacue cette pensée de « compétition » et fait mon bonhomme de chemin. En posant le vélo je sais que sauf ennui pour lui, il restera en tête, il ne me reste plus qu’a courir autour du 3’50 annoncé au coach pour faire ma course complète dans les 3 disciplines.
Je pars autour de 3’50 puis le GPS m’annonce que je descends sur du 3’45/km. Ca va, ce n’est pas un rythme qui m’est très facile mais que je peux tenir quand même un bon bout de temps. Le parcours à pied composé de 2 boucles permet de voir où on en est. Le premier, bien trop loin comme prévu, derrière ça se bagarre à environ 4’. C’est assez pour ne pas m’affoler mais pour garder un train correct comme celui que j’ambitionne autour de 3’50/km. La course à pied se passe bien, c’est dur par moments mais je tiens la régularité dans mes allures et je termine ce semi un peu plus long en distance (21,4kms) à l’allure de 3’48/km. Satisfait de ma performance, moins de ma place car je m’imaginais une autre course vu la startlist mais le vainqueur fut d’un meilleur niveau que prévu ou qu’observé précédemment.
Bilan positif sur cet half sympa en bretagne. Je vous le conseil si vous faite du triathlon et que vous cherchez un beau tri à faire dans l’ouest avec crêpe et bière à l’arrivée ! La forme est déjà bonne, pas exceptionnelle mais elle permet d’envisager les quelques marches qui me restent à gravir pour arriver au top le 13 octobre prochain. Avant cela il y aura une répétition générale le 15 Septembre prochain presque à la maison sur le Triathlon Half de Royan. Une épreuve superbe dans un cadre superbe avec des organisateurs au top, je crois qu’on va se régaler !

 




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