Actus

30/05/2017

Flat, Fast and French --> c'est du "Fat"!

posté à 06h35

Premier gros morceau de l’année pour moi en ce Samedi 27 Mai 2017 avec le Frenchman. Un triathlon au format Ironman qui m’a fait découvrir cette distance il y a 3 ans et sur lequel je revenais avec plaisir et surtout l’envie de mener une course aboutie avec notamment un dernier marathon qui m’a fait défaut à Nice et à Vichy. Lorsque j’ai décidé de faire cet Ironman, je me suis principalement dit que ça me permettrait de faire un bon gros enchaînement et d’appliquer des nouvelles choses afin de régler ce dernier marathon...mais le garçon ne sachant pas faire de dilettantisme, je me suis pris au sérieux à préparer ce dernier au mieux! Rassurez-vous, dans la suite de ce récit, je ne vais pas vous parler que de performance, watts, allure moyenne ou autre. L’Ironman étant un combat contre soi même et les signaux d’alarmes envoyés par le corps, je vais tenter de vous partager ma course vue de l’intérieur. Un peu comme un acteur vous raconterai ce qu’il ressent de l’autre côté de la caméra lorsqu’il joue son rôle.

Avant cela, parlons du contexte. Nous voilà donc à Hourtin le mercredi soir après avoir bouchonné un bon moment à Bordeaux. Le jeudi étant de repos pour moi (sans sport), nous avons pu profiter du marché de la ville, de la piste cyclable de l’avenue du lac qui nous emmenait en toute sécurité de la ville au port, lieu d’arrivée de ce Frenchman. Après avoir récupéré les dossards, avoir notifié que je n’étais pas né en 1968 comme il était inscrit sur la liste des engagés mais bien en 1988 (ça fait drôle de prendre 20 ans d’un coup!), je rentrais tranquillement à la maison loué sur l’avenue du lac avec ma petite famille encore en nombre restreint car le reste de la tribu arrivait en ordre dispersé Vendredi, Samedi puis Dimanche.

Le vendredi matin au réveil, petit footing de 7kms à jeun et je sens des douleurs dans le devant des mollets qui ne m’ont pas lâché depuis presque 2 semaines. Pas rassurant mais ce qui me rassure c’est que quand j’aurais mal partout, cette douleur passera presque inaperçue!! S’ensuit un petit déjeuner avant un tour de vélo qui ‘annonce bien sympa car je suis accompagné de Chris Argouet-Noclain, toujours sympa et de bonne compagnie. En route nous rattrapons un camarade niortais, Loïc, qui “chatouille” les pédales à la veille de son premier Ironman. Après ce petit tour de vélo, j’ai pris le temps de me poser un peu à la maison et refroidir les jambes dans la piscine car la chaleur monte rapidement. Dernier décrassage de la journée à 11h avec une natation en groupe où je suis accompagné des mes collègues TCGistes. L’eau est bonne, ça fait un bien fou de faire trempette, une fois sorti de l’eau s’en est fini des légers efforts, il faudra maintenant attendre Samedi 7h pour se lancer dans le grand bain avec la traversée du lac d’Hourtin en préambule de ce Frenchman. Je vous passe le dépôt du vélo, ça deviendrait presque banale et cette fois-ci je n’ai rien oublié!

Nous y voilà, 7h, sur la plage de Piqueyrot, le départ est imminent et le décompte est amorcé. Un décompte sympathique car on a le compte à rebours toutes les 10 secondes, je trouve ça moins stressant que de d-lancer “Départ 1 minute” puis d’attendre dans le silence ces longues 60 secondes que le coup de feu retentisse. Départ donné, je m’élance pour une première course à pied d’une centaine de mètres car le fond n’est pas assez conséquent pour nager dès l’entrée dans l’eau. une fois parti à nager, pas de bagarre, je pose ma nage et m’applique à raser les bouées en les laissant sur ma gauche. Le parcours étant en ligne droite, je m’obstine à tenter d’aller au plus court et cibler ces bouées pour faire le moins de chemin possible. Mais voilà, je suis tout seul, ce choix ne semble pas être le bon car les packs qui se forment sont 5 à 10 m sur ma droite et je ne profite donc d’aucune aspiration ou vague des autres concurrents. Je m’efforce de ne pas y penser et de rester concentré sur ma nage, bien appliqué. En arrivant près du port, les traces se resserrent et je me rend compte que je nage beaucoup plus dans la facilité entouré des autres et passe même devant quelques nageurs pour revenir sur un groupe qui nous précédait avant l’entrée dans le port. C’est signe que je ne suis pas entamé de ces 4000 premiers mètres de natation, place au vélo!

Je pars sur mon rythme et essayant de ne pas m’enflammer dans cette première ligne droite qui nous mène en direction d’Hourtin. Les jambes vont bien même si je les sens un peu raides au bout de quelques dizaines de minutes. Certainement à cause de la position constamment assis sans relancer qu’il faut adopter pour rouler à 40km/h en prenant un minimum de vent. L’écart avec les premiers reste quasiment identique à la fin du premier tour. Je me dis alors que le niveau avec les premiers est le même que le mien à vélo ou alors ils sont partis sur un tempo trop élevé pour ces 180kms. Heureusement c’est la deuxième hypothèse qui s’est avéré correcte et j’ai ensuite repris du temps régulièrement dans le second des 3 tours pour finir de faire de gros écarts dans le 3ème. Un seul homme semblait ne pas s’éteindre aussi vite que les autres, il s’agissait de Boris mon camarade de club qui faisait très bonne impression et ne me surprenait pas vu sa grosse préparation pour cette événement et ses qualités de triathlète qui ont fait leur preuve par le passé. J’avais réglé mon compteur pour bipper tous les 10kms afin de me rappeler de manger un bout. Bien m’en a pris car au fil du temps, on perd tellement la notion du temps que j’ai souvent été surpris d’entendre ce bip et surtout il m’a fallu forcer ma nature pour manger ces bouts qui passaient de moins en moins bien! A la dépose du vélo, je suis en bonne position et satisfait d’être là dans la course avec une perspective de passer sous les 9h très concrète si je reste concentré et fort tout au long du marathon.

Les premiers pas sont très durs, je sens que ça ne déroule pas forcément très bien et surtout je n’arrive pas à respirer. La chaleur, les fessiers qui ont pas mal travaillé déjà et le ventre qui doit gérer l’alimentation afin d’apporter assez d’énergie aux muscles, tout celà semble prendre une claque lorsque l’on change de discipline et il me faudra plus de la moitié du premier tour pour sentir une légère amélioration. Mais je sais que la suite n’ira pas en s’arrangeant alors je reste concentré et surtout motivé à me battre et ne rien lâcher car c’est sur ce dernier point qu’un Ironman peut passer de réussi à complètement raté. La tête et donc au combat, mais contre qui? Non pas contre Boris, un peu contre le 3ème qui rentre fort (avec un marathon final en moins de 3h), mais surtout contre moi-même pour continuer d’avancer sans laisser ces jambes meurtries qui ne souhaitent qu’une chose, c’est de marcher et qui n’auront le droit à ça qu’une fois la ligne d’arrivée franchie. J’attaque le 3ème tour avec des faiblesses passagères qui me permettent de me rendre compte que je n’ai peut être pas pris de gel depuis un moment (plus aucune notion du temps). J’avale gommes et gels, non plus à intervalles régulières mais quand je le peux, quand mon ventre n’est pas en crise et quand je sens que l’énergie qui me fuit pourrait faire basculer la course du mauvais côté. Le 4ème tour est synonyme de délivrance. On passe pour la dernière fois sur les lieux du crime. Chaque endroit où l’on passe est scruté et j’ai presque envie d’être triste de dire au revoir à ce bel endroit qui m’a tant fait souffrir le corps mais au fond fait passer un moment d’exploration de mes limites assez hors du commun et surtout dont j’en suis sorti vainqueur car je n’ai pas baissé les bras. Une fois arrivé à la bifurcation de l’île de la banane pour rallier l’arrivée, j’ai dû dire au moins 3 fois au signaleur que je tournait à droite pour la prendre tellement j’étais heureux d’en terminer! La partie sablonneuse me ralentit mais me fait aussi du bien, c’est doux, ça change du bitume qui me martyrise les muscles depuis au moins 3h maintenant! Le dernier virage est en vue, j’explose de joie, je vois le chrono qui affiche 8h44, je vois tout ce public qui m’attend depuis l’arrivée du premier, je me dis qu’il faut lui rendre ce qu’il m’a donné en m'acclamant à chaque passage, je joue des bras pour partager ma joie avec eux, je pense fort à Vincent en levant la tête au ciel et voilà que la marche que je n’ai pas vue me fait trébucher avant d’enfin pouvoir prendre cette banderole d’arrivée pour prendre la 2ème place et MARCHER!
La suite est moins glorieuse, allez faire monter 2 étages par escalier à un gars qui vient de finir un Ironman et vous aurez compris que j’ai effectué une sorte de chemin de croix pour aller à l’endroit où se trouvait le contrôle antidopage! La tête tournait mais j’ai pu me réhydrater correctement puis profiter de l’ambiance et de mes proches à mon retour sur la finish line.
La suite du week end passa par un dimanche au soleil à encourager le frangin qui découvrait la discipline de la plus belle des manières puis son fils qui découvrait lui aussi le sport par l’Ironkids l’après-midi.
Benjamin Sanson et toute son équipe ont pensé à tout pour régaler les familles avec tous ces formats, c’est très appréciable de partager avec ses proches tantôt spectateur, tantôt dans la course.

Bon je crois que j’ai établis un record de longueur pour ce CR mais il ne pouvait pas en être autant pour mon nouveau record Ironman!

 


09/05/2017

Temps de véliplanchiste…pour le triathlon de Lacanau

posté à 07h19

Cette histoire commence Samedi 6 Mai à 6h du matin. Quand, à peine réveillé, j’ai voulu couper le bout de pain que j’allais engloutir dans les minutes qui suivaient. Un coup de couteau mal placé, mal géré et en faisant cuire mon œuf sur le plat suffit à m’entailler la main sur une petite profondeur d’1 cm environ. Première pensée : « Aie ca va piquer dans l’eau », puis la seconde fut plus réfléchie : « Mais non t’inquiète, l’eau du lac c’est de l’eau douce. Pas de sel donc pas de soucis ! ». Ce fut la preuve que j’était quand même à moitié lucide en ce réveil aux aurores mais que j’avais aussi oublié qu’il faudrait tenir le guidon à pleine main ! Affaire à suivre.

Une pansement calé sur la plaie, un petit déjeuner avalé et les affaires chargées, je pouvais m’approcher du lac du Moutchic accompagné de ma famille prête à me supporter. Le grand nombre d’amis présents sur place, notamment avec la présence en force du Stade Niortais Triathlon, me faisait presque sentir comme à la maison avant le départ !

Le premier contact avec l’eau fut un peu moins chaleureux qu’avec mes compères triathlètes. Il fallu quelques coups de bras pour se réchauffer et enfin être dans la course, prêt à faire feu au coup de pistolet, moment de délivrance où on peut enfin arrêter de réfléchir et cogiter. Je ne sais pas si certains craignent ce moment mais si je devais avoir un mot pour définir ce moment ça serait : ENFIN ! On va pouvoir faire défiler le parcours au cours des heures qui vont suivre en s’insérant gentiment dans sa bulle tout au long de la natation puis du vélo et enfin passer par un moment de partage sur la course à pied quand le public est chaleureux comme il peut l’être à Lacanau.

Bon c’est pas le tout mais il faut quand même parler de la course ! La première bouée mal gérée me fait être tassé sur l’intérieur de celle-ci et je dois freiner et faire ma place si je ne veux pas la louper. Deuxième bouée, je refais la même bêtise ! Ca va il n’y a que 2 virages, au moins je ne ferais pas la 3ème même manœuvre malheureuse ! Je sors au bout de cette grande boucle en ayant l’impression d’avoir du monde devant moi, un bon paquet comparé à l’année passée…j’ai horreur de ça, avoir l’impression de régresser par rapport à mon niveau de l’an dernier. La meilleure pensée que j’eu à ce moment là et qui m’a été rappelée avant le départ par David un ami niortais c’est « Amuses-toi » et c’est ce que je comptais bien faire sur mon vélo puis à pied durant cette encore longue épreuve !

Je pars donc à vélo. Plus de densité donc que l’année dernière qui provoque un peu de trafic autour de moi, mais le plus surprenant c’est le nombre de mecs qui me dépassent ! J’ai quand même l’habitude de faire parmi les meilleurs temps vélo mais au bout de 3 ou 4 dépassement je me demande où je vais finir à ce rythme là ! Heureusement, il ne fallu pas longtemps pour que les « enflammés du départ vélo » ne prennent feu et qu’en prenant mon rythme, plus aucun ne soit en mesure de me suivre. Même si j’aurais préféré avoir de la compagnie sur ces longues lignes droites venteuses, le moral remontait à la hausse quand je vis qu’à mon rythme j’enclenchais la marche en avant dans cette partie vélo. Le vélo se passa donc tout seul (avec le vent) et la compagnie d’un pansement qui s’en va petit à petit. Souvenez-vous l’histoire du couteau et du pain. Cette entaille commençait à me gêner pour tenir mon guidon à mesure que le pansement s’en allait. Point positif, ca ne semblait pas saigner quand j’appuyais dessus. Point négatif, ça faisait mal quand et ça risquait de se rouvrir à chaque appui malencontreux. Heureusement il ne restait plus qu’une trentaine de kilomètres et le vent de face allait me permettre d’oublier cette petite gêne qui ne m’empêchait pas de pédaler mais plutôt de m’occuper l’esprit de la mauvaise manière.

Une fois la partie exposée au vent de face passée, je pouvais enfin poser mon vélo en 3ème position, assez loin de la tête (entre 7’30 et 8’ environ) et sans savoir ou se situait le 2ème. Peu importe, je pars courir avec des jambes un petit peu explosée et j’entend en sortant du parc que le 4ème y rentre…Ca fait peu d’écart si le monsieur court vite ! Et ne me sentant pas impérial à cette descente du vélo, je fais surtout ce que je peux et on verra qui rentre ou pas me dis-je. Mais après quelques kilomètres, je vois que l’allure est bonne malgré ce parcours herbeux et sablonneux dans la première moitié du parcours. J’arrive même à me dire au bout de 5kms « Tu t’endors, accélère ! ». Ce que je fis directement en appliquant bien ma foulée qui me semblait alors bien dérouler sur la portion routière du retour. Le second tour se passe sans encombre et je repense à ce second tour où, l’an dernier, j’ai été pris d’une grosse crampe à l’ischio droit après un départ qui était je pense similaire à celui-ci. Je me dis alors qu’il faut rester concentré pour ne pas sentir cette crampe monter car elle ne me semble pas très lointaine après un tel vélo.
La fin du second tour est aussi synonyme de boost final. J’entends que le temps repris est encore descendu et que c’est maintenant moins de 3’ qui me séparent de la tête. Je continue de me concentrer, d’aller vite au maximum et…de naviguer entre les autres triathlètes qui sont dans leur premier ou 2ème tour. C’est un exercice très difficile, notamment sur la partie aller qui est typée trail car les trajectoires ne sont pas multiples et il faut souvent sortir de la trace pour doubler, ce qui à tendance à me faire ralentir et crisper les guiboles. Sur la partie retour qui est bitumée, je n’aperçois rien au loin, pas grave, je suis content de courir comme je le fais et je peux dérouler jusqu’à l’arrivée en restant dans la souffrance. Maintenant qu’on y est, autant prolonger le plaisir un petit peu !
Au profit d’une longue ligne droite en faux plat descendant, je vois au loin la grande silhouette de Sébastien Fraysse qui se rapproche. Vu mon allure, je sais que je le reprendrais avant l’arrivée mais ne voit pas de vélo ouvreur devant lui. Dans mon manque de lucidité, je me dit que le vélo à du partir devant pour l’arrivée et que je suis passé en tête ! Je finis fort, les jambes sont encore très bonnes malgré ce semi marathon pas facile à avaler, surtout après les 2 autres sports avant ça. En arrivant sur la plage, je ne sens pas la liesse des spectateurs que j’ai pu ressentir avant une victoire. Je croise alors le regard de David et lui demande « Y a du monde devant ? ». Il me répond désolé que oui, il est 100m devant. Ca explique donc le manque d’engouement du public et le mien redescend d’un coup lui aussi ! Je franchis donc a ligne 2ème en me disant que ca ne veut vraiment pas sourire pour la gagne à Lacanau et sans connaître le vainqueur, je me demande d’où il sort celui-là ! :p
Biensur Laurent Lambert n’est pas le dernier venu, je le sais maintenant et bravo à lui pour sa très belle course. Je pense que le podium à donné un spectacle sympa à suivre pour tout le public et les références de mes 2 compères du podium démontre un niveau de plus en plus élevé sur cet Half Ironman de Lacanau.

La journée se termine donc sur des discussions sympas avec les 2 autres protagonistes à l’avant de la course. Des paroles en tout simplicité ou on parle du programme de l’année, des entraînements, etc. Steph Garcia vient se joindre à nous lui aussi et je pense qu’on aurait pu papoter toute la soirée sans s’arrêter tellement les conversations de triathlètes sont diverses et passionnantes ! Quels bons moments de partage encore vécu ce samedi 6 Mai.

Et le partage continua en famille les 2 jours suivants en restant là bas pour encourager les triathlètes du courte distance le lendemain puis pou profiter du soleil et des paysages côtiers qu’offrent ce petit coin de la France.

Dans moins de 20 jours déjà se profile le Frenchman ! La dynamique est lancée pour terminer cette prépa Ironman et il faudra déjà repenser à rentrer dans la phase de récupération et d’affutage.

 


18/04/2017

Les Oeufs de Cannes pour Pâques

posté à 10h42

Cette histoire commence par une bonne gastro le début de semaine précédent ce weekend de Pâques. Moi, ma compagne et Tom d’ailleurs, tout le monde y est passé. Cette chasse aux œufs de Cannes s’annonçait donc plutôt mal avec 2 jours cloué au lit à ne pas avaler grand chose et avoir des sueurs froides sous la couette. Le contre la montre de la récupération était donc lancé dès mercredi pour tenter de refaire surface, reprendre des forces au maximum et oublier cet épisode malheureux du début de semaine.

Les jours avançant, je me sentais de mieux en mieux, la semaine ayant été chamboulée, j’ai par contre du alléger grandement les entraînements de la semaine pour privilégier d’être moins actifs musculairement mais assurer la récupération et la reprise de force. Je pense avoir pu récupérer mes forces pour le Cannes International Triathlon à temps car je n’ai pas senti de faiblesse réellement.

Le départ donné à 8h dans une eau à 16 degrés fut mouvementé avec 1200 triathlètes pressés de se mouiller pour la première de la saison en France. Une fois le gros de la bagarre passé, la natation était un régal avec des fonds marins visibles dans cette eau claire (et froide) mais l’orientation fut chaotique avec un soleil levant que nous prenions de pleine face pour revenir vers la plage lors des 2 boucles. Ca aurait été un coup à ne jamais retrouver la sortie ! Je sors finalement un peu titubant et pas hyper réchauffé en un peu plus de 31’ pour ces 2kms, pas une natation phénoménale mais le gros morceau arrive avec un parcours vélo montagneux.

Avant de passer le petit plateau, un bon 10kms de plat nous attendait à vélo pour chauffer les jambes et commencer par jouer du gros braquet sur la croisette encore endormie. La montée du Tanneron arriva ensuite pour rentrer dans le vif du sujet. A partir de ce moment là, il n’y avait plus de répit car la route quand elle ne montait pas, s’amusait à serpenter dans l’arrière pays Cannois, parfois sur des routes qui vous offrait l’impression d’être sur une plaque vibrante à 50km/h à vélo. Sensations garanties ! Malheureusement, ce parcours sauvage devait bien s’arrêter à un moment et le retour vers Cannes fût moins « poétique ». Englué dans un flot de circulation incessant sur la quinzaine de kilomètres de descente qui nous permettait de rallier Cannes, le triathlon devint un parcours du combattant pour doubler les voitures, éviter celles qui s’engageaient dans les ronds points que nous empruntions et zigzaguer entre les 2 files de voitures « bouchonnées » dans certaines petites villes. C’est vraiment le gros point noir de ma journée car lorsque l’on produit un effort intense, il est toujours difficile d’accepter de devoir freiner, ralentir ou anticiper des mouvements extérieurs aux seuls obstacles fixes de la route. Enfin arrivé sur la Croisette, le soulagement d’avoir passé ce petit chaos routier était bien présent. J’ai pu relâcher légèrement les jambes pour partir ensuite courir.

Après une transition correcte avec tout de même pas mal de chemin à faire lors de celle-ci, je partais enfin courir sur un rythme élevé de 3’25-3’30/km, surtout après un parcours vélo accidenté. Une fois la respiration trouvée, je prenais mon rythme et avalait assez rapidement quelques concurrents. Au détour d’un demi-tour, je vis qu’Andreas Raelert et Bertrand Billard et Karl Shaw formaient un groupe qui naviguait quelques secondes derrière moi pour me prendre un tour de circuit pédestre. Une fois ces 3 là revenus sur moi, je suivi le pas avec grand plaisir. Les quelques kilomètres passés au côté d’Andreas Raelert principalement passèrent à une vitesse folle et à une allure toujours oscillant entre 3’35 et 3’25 aux grés des petites montées/descentes et demi-tours. Ce moment fut super intense à observer cette légende du triathlon tout en restant assez concentré pour ne pas exploser et lever le pied au bon moment. Je laissais justement filer Andreas Raelert avant la fin, nous n’étions alors plus que tous les 2 à former le groupe, je pense qu’il commençait à être pressé d ‘en finir ! La course à pied passa bien pour moi, sans coup de mou et le public concentré sur ce parcours urbain de 4kms concentré dans un périmètre d’1km permettait de ne jamais se sentir « seul au monde » pour ne rien lâcher de ce dernier effort.

La ligne d’arrivée coupée en 16ème position pour moi fut synonyme de délivrance et de satisfaction, surtout grâce au retour à vélo puis à pied qui fut conclut solidement avec un 5ème temps sur le parcours pédestre ou je suis entouré au classement de nombreux professionnels et pas des moindres ! L’espace d’arrivée étant encore dépeuplé, j’ai eu le bonheur de voir passer à coté de moi les Sebastian Kienle (le vainqueur) et Andres Raelert qui allaient chercher leur victuailles d’arriver pour recharger la machine !

Une fois cette belle journée du dimanche passée, il était temps pour Tom de passer à l’action et d’aller à la chasse aux œufs pour conclure ce long weekend de Pâques à Cannes.

Cotoyer ce monde professionnel donne envie de rester à son contact mais les fonds du foyer ne peuvent pas subvenir à tous les besoins et ne sont pas extensibles. Si des amis, sponsors ou autres voulaient me voir « grimper » plus haut, je pense qu’il pourrait me rester de belles choses à envisager.

 


22/03/2017

Et 1, et 2, et 3…(comme au théatre)

posté à 18h04

Dimanche dernier était la dernière occasion de faire le « hat trick » de mes records à pied, à savoir améliorer mes références du marathon (La Rochelle en 2h37) 10kms (Aigrefeuille en 31’36) et donc semi marathon à l’occasion de celui qui était organisé à La Rochelle ce 19 mars 2017 !

Les allures de départ et la densité étant très importantes à ce niveau, j’ai dû faire le choix de prendre le wagon parti en 3’15/km emmené par mon ami Jonathan Billaud, référence de la course à pied dans notre région. Je savais ce pari osé car j’ai travaillé cette allure à l’entraînement plusieurs fois et connaissait mes capacités vis à vis de celle-ci. En somme, ça pouvait passer dans un grand jour même si les grands jours ne viennent pas sur commande j’osais espérer me surprendre cette fois encore après le 10kms d’Aigrefeuille.

Mais voilà, le sport réserve quelques surprises, je vous l’accorde, mais il n’est pas fait que de ces moments qu’on ne s’explique pas toujours ! Dès les premiers kilomètres à l’allure cible régulée par Jo, je sentais que l’allure ne correspondait pas forcément au rythme à tenir sur 21kms pour mes capacités du jours. N’étant pas du genre à baisser les bras, je résistais jusqu’aux environs du 8ème kilomètre ou, à l’occasion d’un long faux plat descendant, Jo et notre compagnon du jour Julien Cougnaud m’ont distancé en relançant l’allure aidés par l’élan de cette portion plus facile du circuit. Ce fut pour moi le signe de mon état trop « à bloc » car les jambes ne pouvaient plus relancer ni en cadence, ni en longueur d’enjambées. Fin du premier acte, place à l’entracte avant, peut-être de passer au second pour avoir le dénouement de la pièce « Souffrance et (dés)espoir » !

Nous voilà donc dans l’entracte. En général, celui-ci permet de se restaurer, discuter et déconnecter de la pièce en cours. Eh bien c’est à peu près ce que j’ai fait inconsciemment sur ce semi à un degré moindre certes. Alors tout seul entre 2 petits groupes, je naviguais sans grande efficacité, entre 10 et 15’’ de plus à chaque kilomètre passé avec une folle envie de m’arrêter là par moment, surtout sur les 2 ou 3 kilomètres qui ont suivi cette petite explosion de fin de premier acte. Mais voilà, la bête n’est pas du genre à lâcher et je me suis réfugié dans mon ressenti personnel pour mener l’allure qui me permettait de continuer d’avancer bien que peut motivante à la vue des chiffres annoncés par ma Garmin à chaque kilomètre. Dans cet entracte, pas moyen d’éclipser les pensées négatives qui me traversent l’esprit, je dois faire avec car de toute manière, ma course n’est plus celle espérée et il ne reste plus qu’à assurer le minimum, à savoir ne pas s’écrouler et réduire au maximum la perte de temps sur ces 10 derniers kilomètres. La fin de l’entracte sonna lorsque 2 triathlètes rochelais eurent la bonne idée de revenir sur moi (V.Migné et V. Rouvier). Ce qui laissait donc un suspens intéressant pour le dernier acte : l’acteur principal allait-il s’effondrer ? S’accrocher ? Refaire surface ?

Je vous tiens en haleine, j’en suis certains…sauf si vous avez déjà été voir les résultats de ce semi ! Mais le fait est que le retour de mes 2 compères triathlètes me fit le plus grand bien. Dès le retour de Vincent à ma hauteur, je senti un allant positif qui me donnait envie de suivre sa foulées. Puis quelques secondes plus tard, je trouvais même cette foulées peu engageante physiquement et mentalement et les pensées négatives disparurent rapidement en me rendant compte que je n’étais pas « bon à rien » mais plutôt que le coup de moins bien était semble-t-il derrière moi et que je pouvais me remettre à l’œuvre pour l’aider à mener l’allure de notre petit trio. A l’occasion du retour sur le long faux plat descendant de l’avenue du maille, je repris la tête et nous perdions Valentin de quelques longueurs qui grandirent par la suite tout du long de cette descente menée par Vincent qui relâchait très bien ses foulées au point de me faire penser qu’il était en dedans rien que pour rentrer sur moi ! Malheureusement, arriva un dénouement attendu mais très gênant, le grand chassé croisé des premiers avec la queue de peloton de ce semi marathon qui passait 2 fois sur le même parcours. Imaginez vous courir presque 2 fois plus vite que les gens que vous doublez au bout de 16, 17 ou 18kms (donc un peu à bloc) et devoir « Droite » pour pouvoir vous frayer un passage dans ce rideau de coureur qui prend la largeur de la route et qui ne vous entend pas forcément arriver derrière, ni être trop réactif car n’appréciant pas la différence de vitesse à laquelle le dépassement va se produire. Je ne vous parle pas de ceux qui ont fait le choix de partir avec des écouteurs sur les oreilles, s’i vous plait, n’en mettez qu’un au semi de La Rochelle, ça pourrait éviter des contacts trop virulents lors d’un dépassement…Justement, contact il y eu entre Vincent et une jeune fille, ce qui me coupa un peu la respiration et le fit sprinter d’énervement je pense ! Sur celui-ci il me lâcha et se fraya un chemin plus rapidement que moi. E fis mon possible pour doubler, éviter les personnes, cirer « droite » jusqu’au dernier km mais cela ne laissait pas beaucoup de place dans mon cerveau pour me concentrer sur ma foulées, mon allure et tout ce qui fait que l’on peu rester « propre » en fin de semi marathon. Je fit tout de même le maximum pour rallier l’arrivée rapidement et terminait ce semi marathon en 1h11’01.

Voici le dénouement de la pièce, un temps qui sonne comme une conclusion de mon hiver en course à pied. L’essentiel assuré d’avoir amélioré tous mes temps sur les 3 distances bien que les péripéties rencontrées sur semi et marathon me laissent à penser que je n’ai pas sorti les grandes performances où tout se déroule selon le plan espéré. La part d’improvisation fut bien présente dans cette pièce hivernale, ce qui permet de ne pas penser que tout est prévu, calculé et acquis du moment qu’on travaille pour mais qu’il faut garder à l’esprit que l’entraînement est une part du travail et la course demande de recruter bien plus que de simples allures travaillées au petit matin sur les quais métayer !

La suite passera par…Cannes ! Petite folie qui fut motivée par un parcours compliqué à vélo avec un fort dénivelé mais aussi par le souvenir de la fin d’année dernière ou j’avais eu l’idée de descendre dans le sud pour faire un dernier triathlon pour 2016 avec l’occasion d’y courir avec mon ami Vinc’. Dernier triathlon qui n’aura jamais lieu suite à un accident de la route quelques semaines plus tard. Je penserais à lui pour continuer de vivre passionnément comme il en avait fait son leitmotiv.

 


21/02/2017

Coup de cœur à Aigrefeuille

posté à 06h08

Le 10kms d’Aigrefeuille d’Aunis auquel je participais hier présente un plateau relevé à peu près tous les ans. Cette année n’a pas dérogé à la règle avec bon nombre de coureurs avec des références sous les 32’ au départ !
Ayant déjà participé à cette course il y a 2 ans et cette course m’ayant permis d’établir mon meilleur temps sur cette distance, je m’y présentais avec un objectif de performance ciblé autour des 32’30 afin d’améliorer ma meilleure marque et surtout de valider le travail en amont avec l’axe « course à pied » que j’ai privilégié dans mon entraînement qui est maintenant un vrai entrainement de triathlète avec les 3 disciplines que je pratique dans des volumes déjà intéressants pour un début d’année.

La progression en course à pied est intéressante depuis que je travail avec Guy Marie, il restait à trouver une alchimie avec les 2 autres sports afin de continuer de progresser dans la course à pied avec la pratique des 2 autres disciplines en parallèle. Ce n’est pas chose facile mais après quelques semaines de pratique, les 3 sports cumulés n’ont pas semblé me pénaliser dans ma progression en course à pied avec, malgré cela, des sensations à vélo et dans l’eau qui reviennent bien.

Voilà ce qui a guidé mon début d’année. Après un autre bon bloc de travail entre les foulées de l’IUT et le 10kms d’Aigrefeuille, il était temps de compter les points et d’évaluer l’efficacité de ce nouveau modèle d’entraînement. Vu le nombre de clients sur la ligne de départ, mon record pouvait tomber si je prenais quelques risques, à savoir tenter de suivre la foulée des premiers, partis sur des bases plus proches des 31’ que des 32’ (qui aurait déjà été une belle satisfaction !). L’écrémage naturel s’et produit assez rapidement pour ne plus rester que 3 coureurs à ouvrir la route dont moi autour du 6ème km. Mes 2 lièvres du jour étant plus à l’aise et spécialisés sur la distance, je laissais la charge du tempo en grande partie à Jonathan Billaud qui semblait vraiment à l’aise. Ce qu’il prouva avant le 9ème kilomètre en plaçant une accélération assassine qui lui permis de s’envoler et nous laisser sur place ! A quelques encablures de l’arrivée, Jo failli s’égarer et filer tout droit plutôt que de rentrer sur le stade pour l’arrivée, ma lucidité étant encore à un niveau acceptable et Jo étant assez proche pour m’entendre, j’ai fait entendre ma voix assez fort pour l’avertir de tourner à gauche. Une situation cocasse qui me déconcentra quelques instants mais je n’aurais de toute façon rien pu faire face à la paire qui m’accompagnait et passa la ligne d’arrivée 8 et 5 secondes devant moi.
Je termine ce 10km en 31’36 ! Nouveau record et sur une allure qui me laisserait presque rêveur !

Je suis partis sur un axe course à pied pour me rapprocher de mes record établis en 2015 qui me semblaient déjà très élevés pour mon potentiel et j’avoue que voir ce temps sur 10kms largement amélioré me montre que la voie est ouverte pour continuer de grapilller secondes et minutes à pied, en natation ou à vélo.

De plus, cette année je cours pour l’association Courir Atout Cœur dont je fais parti. Nous cherchons chaque année à rallier notre activité de la course à pied à une cause afin d’aider des personnes ou association dans le besoin. Cette année nous souhaitons recueillir un maximum de dons pour l’association « Espoir pour Alex et Brigitte » afin d’aider Alex, un jeune homme qui souffre de disfonctionnements sévères du système digestif, ce qui demande à son entourage de lui proposer une alimentation très stricte établie en lien avec un collège de scientifique étudiant ce sujet rare.

Courir et améliorer ses performances resterons dans mon esprit mais en aidant de telles causes autour de soit, on peut laisser une trace bien plus importante de notre seule action de pousser son corps à son plein rendement.

 




» Consulter les archives

RSS